Nos écoles primaires du bled

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Nos écoles primaires du bled

Message  Lucien Calatayud le Mer 13 Juin - 15:05

Cela se passait en des temps pas si lointains qu'il n'y paraît.



A dire vrai, les tourments auxquels nos parents se trouvaient quotidiennement  confrontés ne nous préoccupaient pas plus que cela, nous les enfants. Leurs difficultés paraissaient pourtant nombreuses. Parfois même devaient-elles s’avérer tout à fait insurmontables. A commencer par les difficultés de  déplacements. Ne  disposant  d’aucun moyen de locomotion, toute nécessité, fut-elle impérieuse,  d’avoir à se rendre ici ou là, se heurtait immanquablement au même abominable casse tête. Qu’un  besoin  contraigne maman à se rendre  au village distant de quelques kilomètres ou dans l’une des villes encadrantes bien plus éloignées, et le même incontournable  problème surgissait. Une sérieuse  mise au point s’était d’ailleurs imposée  pour l’acheminement des enfants de commis du même exploitant vers l’école comme pour leur retour en fin de journée scolaire.

La calèche  qui avait été mise à notre disposition  pour ce seul besoin  prenait son origine dans une autre  ferme  située plus en amont. Menée  par la fille aînée de l’employé - celle-ci n’était plus scolarisée- nous  profitions tout bonnement de son passage.

Tout se déroulait généralement dans les meilleures conditions lorsque le cheval « Marius » de son nom, se trouvait mis à contribution. Ravi d’avoir à  quitter son écurie pour une telle agréable besogne, le brave équidé paraissait   mettre un point d’honneur à s’acquitter très noblement de sa mission. Docile, confiant, rien ne l’effrayait ; pas plus les pétarades d’automobiles que les bruyants teufs-teufs  des échappements de vieux tracteurs croisés sur la route. Quels que puissent être ces dérangements, il poursuivait son trot tranquille, tenant sa droite  avec une même imperturbable régularité.

Oui mais voilà : Marius n’était pas toujours disponible. En tels cas,  c’était   « Bayard », un autre cheval, qui se trouvait attelé.  Et là, les choses prenaient une toute autre tournure.  Doté d’un caractère tout à l’opposé de celui de son voisin d’écurie, l’on ne saurait mieux dire que ce fameux Bayard cumulait bien plus de défauts que Marius  ne possédait de qualités. Ombrageux, les oreilles en constante agitation, se cabrant pour un rien, distribuant des paquets de ruades à une moindre alarme, ses moments de folie avaient tôt fait de réduire en menus débris les planches du repose pieds de la pauvre calèche en maints endroits déjà rafistolée. Combien de fois pour s’être affolé sans raison s’est-il retrouvé lui-même tout déboussolé hors des brancards. Se débattant alors, il n’avait de cesse  que de voir  l’ensemble,  carriole et occupants projetés dans le fossé. Pour détestables et dangereuses que s’avéraient ces sortes de mésaventures, elles ne s’inscrivaient cependant qu’en demi mal lorsque  les bas côtés ne se trouvaient pas   débordant des eaux boueuses d’une récente pluie. Parce qu’en pareil cas, non seulement la jeune accompagnatrice se devait de déployer bien du courage et bien  des efforts pour faire retrouver  calme et raison à la bête, pour remettre aussi bon ordre dans son harnachement, mais aussi convenait-il  de rebrousser au plus vite chemin. Tout d’abord  pour se changer, mais la plupart du temps aussi pour  renouveler le contenu de nos gamelles, les repas froid du midi se trouvant   répandu et flottant sur les eaux  glauques.  Parce que là encore, n’étant point en mesure de subvenir aux frais d’un régime de demi pension, de rares parents, dont les nôtres, avaient à charge de préparer les repas de midi de leurs propres progénitures. Le garage du Directeur de l’établissement scolaire étant mis à notre disposition, c’est dans ce local ouvert à tous les vents, glacial aux saisons froide, intenable l’été  que les élèves des milieux les plus modestes se devaient de prendre place à l’heure du déjeuner. Interdiction leur étant faite de le quitter  avant  la sortie des élèves du réfectoire. Souffrant toujours de la même humiliation d’avoir à  nous séparer de nos camarades, d’avoir à subir cette sorte de ségrégation, nous  les regardions pénétrer  en silence   dans la salle du fameux réfectoire. Leurs regards un brin moqueurs croisaient alors les nôtres comme autant de cinglantes offenses faites à notre dignité.
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  christiane gérard le Mer 13 Juin - 16:03

Bonne idée Lucien d'avoir ouvert cette rubrique.Il est vrai que quand on habitait le bled,les trajets posaient problèmes.



Nous habitions à 2 km de l'école et nous faisions 4 fois par jour le trajet à pied,ce qui en hiver avec la neige n'était pas une partie de plaisir.Cela m'a dégoutée de la neige à tout jamais.!!!

Je me souviens d'un jour ,j'avais 10 ans et mon frère 8,nous sommes partis à l'école dans la neige,moi en petite jupette et mon frère en culottes courtes.Au bout de 500mètres le pauvre gamin était complètement gelé et je l'ai raccompagné à la maison(et j'espèrais bien que j'y resterai avec lui).Mais Papa,m'a dit"ne te déchausse pas,je t'accompagne" et me voila donc repartie pour l'école ,à pied,bien entendu...


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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Lucien Calatayud le Mer 13 Juin - 18:23

Christiane

Nos enfants et petits enfants n'ont aucune idée de ce genre de choses qui pourtant nous faisaient prendre l'école en horreur. Déménagés dans une autre région nous nous sommes vus, ma soeur cadette mon frère aîné et moi, arrivés trempés jusqu'aux os à l'école. Mais avec un léger retard pour avoir attendu sous une haie d'arbres que le gros de l'orage passe. La porte est malheureusement demeurée fermée malgré notre insistance? Nous avons donc été contraints de revenir à la maison distante aussi de près de deux kilomètres. Tous étions soumis à un tout autre régime que celui sans doute un peu trop douillet que connait notre progéniture. Mais quelle est la bonne solution?
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Ghislaine Jousse-Veale le Mer 13 Juin - 19:10

Bonjour - Christiane/Lucien - J'ai beaucoup aime vos recits. Je n'ai pas connu cela because j' habitais en plein centre de Meknes et la neige etait plutot rare comme vous le savez et les ecoles primaires et secondaires etaient a cote ou nous habitions. En tous les cas vous etiez des enfants bien braves, et le "le petit car jaune" de l'ecole ne venait pas vous chercher pour vous amener a l'ecole comme c'est maintenant, tout au moins ici dans ma campagne ou que les ecoles fermaient quand le temps est horrible comme c'est maintenant ici aussi....
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  JACQUELINE ROMERO le Jeu 14 Juin - 13:57

coucou
eh bien moi CHRISTIANE, je faisais plus de 20 km par jour à vélo pour aller au Lycée Poeymirau, je n'étais pas 1/2 pensionnaire et je puis vous dire que c'était dur en hiver, nous ne portions pas de pantalon à cette époque ! je me souviens , j'avais des engelures aux oreilles et très froid aux mains et aux pieds !
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  christiane gérard le Jeu 14 Juin - 19:18

Jacqueline



Maintenant si nos enfants ou petits-enfants devaient vivre cela ,la DASS les aurait enlevé aux parents pour mauvais traitements et pourtant jamais nous n'avons eu l'impression d'être maltraités.


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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Admin le Mer 20 Juin - 21:54

L'école primaire de Boufkrane

Bonne initiative de LUCIEN....Il fallait y penser....Merci...

Ci dessous l'école primaire de BOUFKRANE. cette photo est d'ALAIN... Du coup, elle trouve sa place ici...



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Re-Les écoles primaires du bled

Message  MOLL Serge le Jeu 21 Juin - 0:51

Jacqueline,
Si toi ,tu faisais 20 km pour aller à Poeymireau, nous aurions pu nous rencontrer,peut-être nous sommes-nous croisés? J'habitais 5 km après Plaisance,à Dkhissa et comme toi je n'étais pas 1/2 pensionnaire. Fais le calcul du nombre de km que je faisais par jour , plus 4 fois la descente et la montée de l'oued Ouislane.(40 km). Un soir de Novembre,après avoir passé Plaisance,au début de la descente,je fus renversé par un camion militaire qui ne s'est pas arrêté.Ce sont des Marocains dont leur camion était en panne qui m'ont secouru. Heureusement je n'étais que très légèrement blessé. Si le camion militaire ne s'est pas arrêté,mes études elles, se sont arrêtées.Je n'ai jamais voulu retourner au lycée.
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Lucien Calatayud le Lun 3 Sep - 12:00

Bonjour tout le monde



A l'heure où il est question de cours de civisme j'ai cru opportun de raconter le petite histoire suivante:

La guerre en était à sa deuxième année.
Nos forces militaires s’épuisaient sur les différents fronts. Mais tout le monde continuait d’y croire.
« Rien n’est encore perdu » nous disait-on.
Comment ne pas partager cet optimisme
D’où l’extrait d’un chapitre titré
"Du haut de mes dix ans"
sous titré

« Maréchal nous voilà »


Qui plus que moi aurait pu adhérer à de tels propos? J’avais vu et observé de mes yeux grands ouverts l’un des derniers convois militaires qui s’en allait au combat. Le régiment qui passait à pied par là, non loin de la ferme, s’étirait sur plus d’un kilomètre tout le long de la route qui menait à la ville. Chaussés certes de simples sandales à semelles de caoutchouc et flanqué d’un mulet chargé de son lourd barda, chaque homme avançait au pas libre et tranquille d’une promenade de détente. Une bien étrange nonchalance qui bien évidemment distinguait singulièrement cette troupe des autres formations militaires. Il se lisait pourtant dans les regards un total mépris des dangers, peut être même un certain empressement à se trouver au plus vite plongée corps et âme dans une atmosphère autrement moins sereine que la paisible marche qui la conduisait vers la ville. Je la soupçonnais même de ne rêver que d’assauts avec tout ce que cela supposait de bruits de canons, de crépitements de mitrailleuses, d’odeurs de poudres et de crapahutages dans une absolue abnégation. Il me semblait même percevoir des cris triomphants.

A n’en rien douter, ce régiment disposait d’une maîtrise peu habituelle des règles de combat. Force même était de plaindre ceux qui allaient se heurter à une telle dose d’intrépidité.

Bien plus qu’il n’en aurai fallu en tout cas pour fixer dans mon esprit la ferme conviction que cette maudite guerre ne pourrait s’éterniser au delà du choc frontal décisif qui avait dû longuement se mijoter quelque part dans les états-majors.

Notre instituteur lui-même, un homme pétri de patriotisme ne s’était-il pas fait de son côté le devoir de nous transmettre toute la confiance qu’il plaçait en notre puissance guerrière?

Dieu sait qu’il en possédait la manière et la force persuasive. Ses paroles avaient toutes les résonances de clairons de victoire et les « R » de son accent bourguignon vibraient comme autant de roulements de tambours. C’était à ravir toute la classe, à lui faire oublier les dernières brutalités que ce même homme s’était permis d’exercer l’heure précédente sur l’un ou l’autre des élèves. Des écart de conduite assez coutumier, lui-même n’ayant jamais été confronté à une quelconque désapprobation de parents.

Qu’importait ce travers, en ces moments de parfaite détente, bras croisés sur nos tables, jamais tant attentifs, sourires béats aux lèvres, nous buvions chacune de ses phrases avec un même constant ravissement, voyant déjà se profiler l’éblouissante victoire qui, indéniablement, allait marquer notre époque. Un triomphe tout à l’honneur d’une génération ! La nôtre, il allait sans dire.

Un matin même, prolongeant plus qu’à l’ordinaire la leçon quotidienne de civisme, voilà que le maître suggère à la classe de s’associer à une œuvre qu’il qualifia alors « de mouvement d’ampleur nationale ». Tels furent en tous cas les mots qui incitèrent la classe à redoubler d’attention.

Empruntant pour la circonstance un ton on ne saurait plus solennel, notre enseignant tint à peu près ce discours :

« Ecoutez moi bien les enfants ! En ces temps difficiles, notre Mère Patrie, la France, souhaiterait que chacun de ses concitoyens, petits où grands, adhère avec une même spontanéité à l’acte de générosité nationale qu’elle se propose de lancer. Sachant combien cela apportera de réconfort à nos soldats l’on peut d’ores et déjà s’attendre à un très vif et massif succès. Certes, tint-il encore à préciser ; aux yeux de bien des gens de notre entourage, l’action pourra ne revêtir qu’un caractère tout à fait symbolique si ce n’est aléatoire. D’aucuns prétendront même qu’elle s’avèrera d’une efficacité quelque peu contestable. Mais ne dit-on pas que les petits ruisseaux font de grandes rivières ! Alors les enfants, accordons toute notre confiance à nos hauts dirigeants et acceptons de grand cœur de nous joindre à ce noble mouvement »

Tout en tenant ce surprenant discours l’instituteur continuait de déballer, non sans un luxe de précautions un mystérieux colis livré le matin même par le facteur. L’opération de déballage se faisait insupportable tant la curiosité nous démangeait de découvrir ce qu’il en était. On aurait cru que le maudit paquet cartonné ne contenait que du vulgaire papier ; des tonnes de papier. Le maître n’en finissait pas de retirer de ce maudit journal froissé qui s’amassait sur l’estrade. Jusqu’à l’instant où, ravi de pouvoir enfin provoquer la surprise, il exposa non sans un personnel ravissement à nos yeux soudainement éblouis ce à quoi aucun de nous ne pouvait s’attendre : Une magnifique faïence ! Et quelle faïence ! Une assiette décorée à l’effigie du plus illustre des maréchaux de notre siècle : celle du grand vainqueur de Verdun. Celui qui, sans nulle conteste allait conduire la patrie vers une nouvelle brillante et décisive victoire. Une victoire assurément toute aussi glorieuse que l’avait été la précédente, celle que lui-même avait conduite.

Ainsi investis certes pour une bien modeste part, dans l’imminent triomphe du fait même du soutien moral de nos soldats, chacun des acquéreurs allait donc pouvoir dans un très proche avenir se sentir en droit de se prévaloir d’une mince portion de gloire. Si infime puisse-t-elle paraître aux yeux d’un combattant de retour d’un enfer de guerre, elle n’en acquerrait pas moins une certaine noblesse.

Un véritable petit chef d’œuvre que l’exemplaire qui se mit aussitôt à circuler de mains en mains et dont il était bien difficile de se dessaisir.

Ciel, quelle prestance ! Et quelle tranquille autorité !

Il se dégageait de ces traits paisibles cette farouche détermination qui distingue l’être supérieur, capable en de tels temps d’incertitudes de rallier sous une seule et même bannière tout un peuple désemparé sombré dans un profond désarroi.

Pour ma part, je ne parvenais plus à détacher mes yeux des flamboyantes dorures qui ornaient si noblement le képi. Un képi qui sans conteste ajoutait à la dignité et à la placidité du visage si naturellement empreint de sagesse. Je savourais tant ce délicieux instant que, sourd au soupirs d’impatience de mes camarades, je ne parvenait pas à me défaire de la faïence. Un vrai petit trésor qui me collait tant aux mains que j’avais toutes les peines à le faire suivre au voisin.

L’épaisse moustache blanche ajoutait ce quelque chose d’expressif et de tellement impressionnant. Et que dire de ce regard réfléchi qui paraissait ne plus s’adresser qu’à moi ?

Quel autre illustre personnage de notre époque aurait pu, plus que ce grand homme, prétendre de manière aussi méritoire au noble titre de « Sauveur de la Patrie »?

En bref, un symbole rayonnant qui prit une si soudaine place dans le coeur de l’ensemble des élèves que dans un même décisif élan toutes les tirelires volèrent le midi même en éclats avec pour premier objectif, inavoué il est vrai, de voir ce grand héros pénétrer dans l’intimité de chacun des foyers.



(L’histoire ne s’arrête bien évidemment pas là. Tout le monde se doute bien que la suite est moins glorieuse.)
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  René Hermitte le Lun 3 Sep - 12:31

Bonjour à tous

Comme beaucoup d'amis de notre site du R de la Bière qui ont fréquenté les écoles du bled , les gamins du service de l'élevage d'El Hajeb route d'Azrou souvent enneigée dans les années 58 étaient élèves de l'école primaire du village située près de la Kasbah ( aujourd'hui classée au patrimoine de l'humanité par l'Unesco.)
Heureusement que l'Armée ( le régiment de blindés stationnés sur notre itinéraire) acceptait de ramasser les écoliers placés sur le chemin de l'école... Donc j'ai connu les GMC avec banquettes en bois bien avant l'heure d'être engagé moi-même dans un régiment de l'Arme du Train le Groupe de Transport 515 stationné dans la forêt de La Braconne Angoulème Charentes années 67... ( Nicole Croisille dans une de ses chansons évoque son enfance dans la forêt de la Braconne chez ses grands parents)...

Ghislaine mon ordi a repris du peps suite téléchargement de spybot conseillé par André, dans l'opération j'ai pas mal de "trucs" qui ont été supprimés accidentellement...

Serge, je t'ai râté de quelques minutes ce matin... A vendredi ... sur le GPS tu tapes " chemin de l'Olivade de Pierrascas " à La Valette du Var et non point mon adresse postale auquel cas tu risquerai de te retrouver à "Dache "... Very Happy
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Admin le Lun 3 Sep - 17:49

LUCIEN,
Je n'ai pas connu l'école du bled mais j'imagine qu'il devait y avoir une atmosphère particulière ou plus familière dans ces lieux que dans les écoles de la ville. Né juste avant la guerre (janvier), j'ai reçu ma première instruction civique en maternelle, dès l'âge de 6 ans. Certains copains du Q.I. s'en souviennent. On nous avait appris la "Marseillaise" que l'on chantait dans la cour de la grande école, sur l'ordre du directeur, Mr Manachère, qui montait les couleurs pendant le chant. Il y avait quelque chose de très émouvant.

C'est bien plus tard, au CM2, avec Mr Le Boutet, que j'ai entendu parler du Maréchal. Vainqueur de Verdun, emblême de la patrie en tant que chef de l'Etat, "Travail, Famille, Patrie, puis frappé d'indignité nationale et de collaborateur avec l'ennemi. Un parcours atypique, de la lumière à l'ombre.

J'ai bien aimé la présentation que tu en as décrite.


Dernière édition par Admin le Lun 3 Sep - 19:10, édité 1 fois

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Chemin de l'Olivade

Message  MOLL Serge le Lun 3 Sep - 18:16

René Hermitte a écrit:Bonjour à tous
Serge, je t'ai râté de quelques minutes ce matin... A vendredi ... sur le GPS tu tapes " chemin de l'Olivade de Pierrascas " à La Valette du Var et non point mon adresse postale auquel cas tu risquerai de te retrouver à "Dache "... Very Happy

Yes René,c'est bien noté!!!!
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Re:Les écoles du bled

Message  MOLL Serge le Lun 3 Sep - 19:01

Lucien

Merci pour ce merveilleux récit qui me rappelle mon enfance,j'habitais près de la Place d'Armes où se déroulaient cérémonies militaires,suivies de défilés,fanfare et mascotte(souvent un mouton) en tête. Le Maréchal,(je suis avide de notre Histoire, glorieuse ou pas) tant décrié par les uns et honoré par d'autres et ce n'est qu'en lisant les livres des deux tendances que l'on forge sa prope opinion et pas celle qu'on a voulu nous inculquer.
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Re:Les écoles du bled

Message  MOLL Serge le Lun 3 Sep - 19:14

André

Et comment que je me souviens de ces levées des couleurs,toutes les classes de l'école,au bas de l'escalier menant au préau,les élèves bien alignés,chantant la Marseillaise quand le drapeau était hissé par Monsieur Manacher.Puisqu'il est question de souvenirs,te rappelles-tu,toujours au bas de ce même escalier,la distribution de l'huile de foie de morue? J'en avais une peur bleue que l'on m'en donne,vu ma frêle silhouette. Je suis toujours passé au travers,aucune goutte de cette huile n' est entrée dans ma bouche. Je revois de temps à autre ces images,au bas de l'escalier.
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L'HUILE DE FOIE DE MORUE .....

Message  Yvon Garcia le Lun 3 Sep - 21:52

SALUT SERGE - Bonjour à toutes et à tous.

D'abord...! Ne dites pas, " C'est pas vrai ...! il est vivant ..! " Ben Oui ! c'est la rentrée..! les vacances sont finies... enfin j'ai de bonnes raisons comme je l'ai expliqué à André en le priant de bien vouloir m'excuser et de le faire auprès de vous tous.
Serge je ne pouvais pas te laisser seul parler d'huile de foie de morue, je m'en souviens Hummmm...! Plutôt BERRKK...On nous faisait boire aussi du lait.
Lors de la montée des couleurs, personne ne sifflait la Marseillaise à cette époque et tant que j'y suis, te souviens-tu que nous avions chanté " Halte là !..X 3 fois} les Marmitons etc " d'abord, sous le préau avec chacun notre casserole pour nos répétitions et en grande tenue avec nos toques de cuisiniers pour la grande finale à la Salle des " Services Municipaux ".
Enfin les souvenirs sont toujours plus ou moins présents et nous transportent bien loin. C'est la vie.
Je serai encore pris pendant quelques temps par mes occupations, mais tout va bien dans l'ensemble.

Amitiés yvon
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Ghislaine Jousse-Veale le Lun 3 Sep - 22:13

Bonjour - Yvon - Et oui c'est la rentree et meme la tienne... un plaisir de te voir sur le site. Je ne me rappelle pas d'avoir pris de l'huile de foie de morue comme toi, mais c'est possible. Et oui personne ne sifflait non plus la Marseillaise ...Bonne soiree.
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Admin le Lun 3 Sep - 23:02

Salut le potes...

Mais bien sûr, l'huile de foie de morue... Beueueurk... , accompagnée d'un petit verre de lait...
J'ai failli faire partie de la troupe...: "halte là...les montagnards sont là..." puisque j'ai participé aux répétitions... Je ne plus pour qu'elle raison, je n'ai pas continué le voyage jusqu'au Municipaux...


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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Ghislaine Jousse-Veale le Lun 3 Sep - 23:51

Bonjour Lucien et j'ai beaucoup apprecie ton recit "du Haut de mes Dix ans". Etant un peu plus jeune que toi je n'ai pas connu tout ca et grace avec ta facilite d'ecrire un excellent francais nous pouvons apprecier cette epoque de ta vie et celle bien sur d'autres de nos amis dans les ecoles a cette epoque - Rene - "Spybot" je m'en sers de temps en temps et ca aide beaucoup.
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Re:Les écoles du bled

Message  MOLL Serge le Mar 4 Sep - 0:34

SALUT YVON
Quel plaisir de te lire. Tout ça est bien loin et si près à la fois. J'ai des flash qui me reviennent de temps en temps.Effectivement je me rappelle de : Halte-là les marmitons.2 ans plus tard,à Fès,école de l'Agdal,je remettais ça mais cette fois-ci,c'était :Halte-là....les montagnards sont là. Nous avions même enregistré un disque vinyle.... 78 tours,et aussi les Rois Mages, cette fois pas de disque. Va chanter cette chanson maintenant dans une école laïque,tu me donneras des nouvelles!!!!
Bises à Magy et à toi bien sûr,grand frère.
Serge
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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Lucien Calatayud le Mar 4 Sep - 10:38

Salut tout le monde



Les amies (is)Il me faut vous dire combien je suis étonné. Pourquoi donc attendre un récit tel que celui du "Maréchal nous voilà" pour voir plusieurs d'entre vous s'épancher à leur tour et si bien faire rejaillir tout un tas de souvenirs qui ne demandaient qu'à s'échapper de leurs gangues et s'extérioriser. Nous remémorer ce qui se passait quelques décénies en arrière, cela fait pourtant tellement de bien au moral? Alors pourquoi attendre que ce soit un autre qui lance la discussion. C'est toujours avec l'espoir de voir tout le monde replonger dans ce passé qui nous lie et faire ainsi démarrer ou redémarrer un site que pour ma part je place de temps à autre un texte ici ou là. Ca ne mord malheureusement qu'une fois sur deux pour rester large. C'est toujours ça! comme on dit losqu'on se contente de peu.
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Maréchal Pétain

Message  René Hermitte le Mar 4 Sep - 12:04

Bonjour à tous et toutes, Yvon cela m'a fait plaisir de te lire et de voir que tout va bien.

Donc nous revenons à Pétain le vainqueur de Verdun puis l'homme qui dirigea la France en 40 pendant l'invasion soudaine de notre territoire et ce qu'il advint après avec De Gaulle...
De Gaulle de la résistance oui..oui.. De Gaulle de l'Algérie française, je serai plus circonspect...
Mais on ne parle pas du tout de Pétain au Maroc, ce que nous constations dernièrement avec André...
Pétain en 1925 pendant la guerre du Rif après la défaite espagnole de HANOUAL ( 10 000 soldats espagnols tués ). L'armée espagnole battue du temps du résident général FRANCO. L'Espagne demande le concours de la France et c'est PETAIN chef des armées au Maroc qui entre en scène avec les bombardements que l'on connaît qui s'achèvent par la rédition du chef rebelle rifain ABELKRIM. Ce dernier avait créé la République indépendante du Rif allant même jusqu'à battre monnaie. Le sultan du Maroc craignant pour son trône bien content de l'intervention française... Tout ça c'est Pétain... Plus tard après la guerre du Rif, Pétain est ambassadeur de France en Espagne et FRANCO n'a pas l'attitude qu'il faut vis à vis de l'homme qui a sauvé la situation dans le RIF allant même jusqu'à le snober le faisant attendre et attendre avant des entrevues officielles quand Pétain était à Madrid.. ( Fais du bien à Bertrand, il te le rend en cag...) Sur un autre site j'avais fait un topo avec moultes photos dont certaines avec Pétain battant la campagne marocaine pendant les combats...
Mais ça c'était avant...
Sur le monument d'une ville voisine du Var (La Farlède pour ne pas la nommer) la liste des Maréchaux de France y figure... le Maréchal Juin d'Algérie est présent parmi d'autres mais ni Pétain ni Lyautey le Marocain ne sont là... Il est vrai que nous sommes ici à la Farlède dans le midi rouge, ceci explique cela...
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René Hermitte

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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Admin le Mar 4 Sep - 12:10

LUCIEN,

Quelque soit le sujet ouvert, si différent soit-il, il faut toujours un premier pour ouvrir les débats...Tu es de ceux là et c'est pour cette raison que tu es irremplaçable parmi nous, au même titre que plusieurs d'entre nous...

Tu écris...: "Alors pourquoi attendre que ce soit un autre qui lance la discussion"...?
Cet autre, aujourd'hui, c'est toi... Demain, cela sera un autre, différent. L'important, c'est qu'il y ait toujours un quelqu'un...

Tu écris encore...: "C'est toujours avec l'espoir de voir tout le monde replonger dans ce passé qui nous lie et faire ainsi démarrer ou redémarrer un site que pour ma part je place de temps à autre un texte ici ou là".
Eeeh, LUCIEN, tu es un élément fédérateur...Tout le monde te suit... logique, non...??? Et il faut rajouter que tu as une imagination débordante...Et c'est pour cette raison que tout le monde t'estime...

Pour terminer, tu écris...: "Ca ne mord malheureusement qu'une fois sur deux pour rester large. C'est toujours ça! comme on dit lorsqu'on se contente de peu."

CHRISTIANE a annoncé il y a quelques jours qu'elle était la 20.000ème personne à poster un message sur notre site. Il faut savoir aussi, que si l'on calculait toutes les visites en cumulé depuis l'ouverture, nous frisons les 200.000 visiteurs...Tout ça en en moins de 2 ans... Cela fait toujours plaisir d'en déduire que des inconnus (bien connus) enrichissent leurs connaissances sur leur enfance ( c'est un paradoxe) grâce à notre travail collectif. Tu vois que tu n'es pas tout seul, bonhomme...!!

L'important, c'est que l'on soit là, même si on a l'impression que nous sommes en comité restreint. Ce n'est pas tout à fait vrai... Il y a du monde qui "louche" subrepticement dans toutes nos rubriques... On a les noms....!!! Allez , je plaisante...Chacun fait et voit selon sa manière. Mais c'est sûr que c'est du gâchis quelque part...

A te relire le plus longtemps possible, ainsi que tous ceux qui participent avec brio à notre entreprise...


Dernière édition par Admin le Jeu 7 Fév - 7:24, édité 2 fois

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Re: Nos écoles primaires du bled

Message  Admin le Mar 4 Sep - 14:22

Salut TOUT le MONDE...
LUCIEN,
Je rebondis sur ce qu'a écrit RENé... On en a parlé au phone tous les deux...
Par curiosité, j'ai fait le tour de la biographie du Maréchal sur internet pour essayer de m'expliquer certains propos de mon père, lorsqu'à table, il poursuivait son monologue sur l'histoire du vainqueur de Verdun...

Il en voulait au "grand Général" que l'on connait, d'avoir pointé un révolver dans le dos du Maréchal, à la fin de la guerre. Il trouvait cela déshonorant vis à vis d'un ancien "grand" de la France, même s'il lui reprochait beaucoup de travers au code d'honneur militaire.
Avec le temps, j'ai compris que c'était une espèce de métaphore pour signifier l'action du "grand Général" à l'égard du Maréchal, en l'écartant de tout honneur à la fin des hostilités. Quant on connaît toutes pages de l'histoire de France, cela fait réfléchir...

Pour en revenir à notre école, je me souviens à peu près du caractère intransigeant de Mr Manachère. C'était, maintenant que je peux le juger (sans prétention de ma part), un Monsieur très "bleu, blanc, rouge". Ce dont je ne me souviens plus, c'est l'ordre de passage des 2 premiers directeurs d'école du Q.I.
J'entends Mrs Le Bris (ou Bris), puis Manachère, l'avant dernier étant Le Boutet et Jarnaud, après 1951.. Ensuite..., je n'ai pas connu.
Ce dont je sais ou entendu, c'est que l'on ne riait pas très souvent avec eux...J'en sais quelque chose avec Mr Le Boutet.

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