Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Dim 25 Aoû - 5:52

(Suite)
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Jeudi 21 novembre 1929

C’est la première fois qu’il pleut depuis mon arrivée – les montagnes disparaissent dans le brouillard.
Aujourd’hui le vétérinaire est venu déjeuner. J’ai préparé le repas toute seule et mis le couvert ; j’avais envoyé le légionnaire acheter du persil. Sans mentir, il lui a fallu deux heures ! Je me suis donc débrouillée, nécessité oblige…
Comme prévu, j’ai préparé :
- les hors-d’œuvre : saucisson, sardines, beurre, salade de pommes de terre – une sauce béchamel avec œufs au mimosa, le blanc recouvert par la sauce et le jaune écrasé et disséminé au dessus,
- un canard aux olives
- des croquettes de semoule (je les faisais pour la 1ère fois)
Le tout pas mal fait – à part la sauce béchamel pas très chaude.
Ces messieurs ont eu bon appétit, si bien que le Dr Peynet a été malade d’avoir trop mangé – René ne m’a fait aucune observation, j’en ai donc déduit que le repas n’était pas trop mal préparé …
Depuis quelques jours, je me suis mise à leur faire la cuisine, car le légionnaire, malgré sa bonne volonté, fait la cuisine un peu comme pour les soldats : les pommes de terre frites sont coupées gros et imbibées de graisse – un soir je leur en ai fait, ils les ont trouvé tellement bonnes que René a dit à plusieurs reprises « On ne s’en lasserait jamais ! » - Je leur ai fait aussi des croquettes de pomme de terre.
Aujourd’hui, les croquettes de semoule étaient excellentes, je pense que c’est ce qui leur a fait le plus de plaisir. Les croquettes restantes ont été liquidées par le légionnaire…
J’ai demandé au vétérinaire de bien vouloir si possible, nous choisir de bons morceaux de viande et de nous donner parfois de la cervelle de bœuf ou mouton – je pourrai ainsi leur faire des beignets.
Le Vétérinaire est vraiment « un type »… Il est fort gentil mais a l’air comme René, de n’admettre aucune autorité. Il est parfois très mordant et abîme certaines femmes d’officiers.

L’après-midi, après leur départ, vu qu’il ne pleuvait pas, je suis allée faire une promenade autour de Khénifra. Quelle boue !...
Une boue rouge qui se colle aux pieds.


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A suivre...
Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Admin le Dim 25 Aoû - 8:55

Voici le principe de la "décongestion de la tête" dont parle l'auteur dans ce journal. Pratiqué par des pseudos docteurs, plus barbier que médecin certainement.  



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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Lun 26 Aoû - 8:22

Bonjour à Toutes et à Tous,
(Suite)

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Vendredi 22 novembre 1929 -


Le soleil a reparu dans toute sa splendeur ; au loin la neige recouvre les hauts sommets – c’est vraiment très beau –

Je n’ai pas le temps de faire beaucoup de filet, car dans la maison j’ai quelques occupations – aujourd’hui repassage – j’ai raccommodé des chaussettes de René – son linge est en mauvais état, il sera de toute nécessité qu’il le renouvelle à Bordeaux.


A part les pommes de terre, il n’y a aucun légume, vous voyez comme c’est varié…

Après dîner, nous sommes tous trois allés faire une longue promenade autour de Khénifra.


Les routes sèchent vite car le soleil est chaud, malgré tout, mon manteau ne me quitte pas.

Nous sommes revenus par derrière le Camp et sommes allés à l’infirmerie-ambulance – René m’a installée dans son bureau et j’ai rédigé 2 ou 3 lettres (Guy, Pépé, Mad S.).

Le Poste de Khénifra est très important, on ne se le figurerait jamais – René, à 28 ans, est bien jeune pour être à la tête de ce service. Cela fait rouspéter les commandants de voir René si jeune, déjà capitaine avec trois galons, alors qu’à 50 ans passés, ils ont à peine quatre galons. Mais malgré tout, ils sont obligés de le ménager, car un toubib, c’est indispensable…


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A suivre...

Cordialement.
Jacques Merlin


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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Admin le Lun 26 Aoû - 16:58

....Khénifra, capitale des Zayannes...région dissidente...

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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Ghislaine Jousse-Veale le Mar 27 Aoû - 3:37

Bonjour Jacques - Le journal de ta maman le vendredi 8 Novembre 1929 - "Nous avons laissé pendant toute la traversée le hublot ouvert – cela nous a permis de voir une nuit le « Meknès » passer dans le Golfe de Gascogne – c’est un très beau paquebot – Au passage le Volubilis et le Meknès se sont salués -"

Xavier a ouvert la rubrique des Bateaux justement avec ce paquebot le "Meknes" qui fut malheureusement torpille au large de Dieppe par les Allemands en 1940. Ce paquebot lance en Mai 1913, s'appelait d'abord le Puerto Rico puis sous celui de Meknes par la compagnie generale transatlantique.  Je viens aussi de lire ce qu'ecrivait ta maman au sujet d'une decongestion de la tete...et apparament ca se fait toujours dans certains pays...
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Mar 27 Aoû - 7:15

Bonjour à Toutes et à Tous,
Bonjour Ghislaine,

Ma mère Odette et mon oncle René emprunteront le "Meknès" pour leur voyage de retour, de Casablanca à Bordeaux, le 25 février 1930.
Hélas, la description de cette traversée, ne figure pas dans ses correspondances.

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(Suite)

Samedi 23 novembre 1929 -

Une journée merveilleuse. Que c’est dommage que tu ne sois pas auprès de nous ma Chère Maman, tes rhumatismes s’en iraient, j’en suis sûre, comme par enchantement.

Aujourd’hui, je suis allée, à deux reprises, au souk. Le matin j’ai rencontré le Vétérinaire qui m’a annoncé qu’il me faisait réserver les cervelles et, a-t-il ajouté, tout ce que vous voulez en fait, de foie, rognons… – et que je n’aurais qu’à faire un signe pour la livraison – c’est bien gentil de sa part.

J’ai assisté ce matin à l’infirmerie indigène, à la visite faite par René. Elle dure plus d’une heure, trois fois par semaine. Les consultants montrent ce qu’ils ont à René qui, invariablement ordonne le IK.  *
Il m’a donné 50 Francs pour acheter ce qu’il manquait à l’infirmerie et m’a dit qu’il le renouvellerait quand il le faudrait… J’achète ce dont j’ai besoin à un magasin qui fait de tout – bien entendu les prix sont supérieurs aux prix français ; ainsi le ¼ de beurre vaut 5 Francs, un pot de moutarde 3,50 etc.

Ce soir au souk, nous étions suivis par une bande de muchachos qui, tout le temps, nous demandaient « un favor » (un sou).
J’ai eu le malheur de leur donner deux ou trois fois une pièce, maintenant je suis connue ! Ce matin j’ai donné 10 sous à une gosse, sa mère lui a ordonné d’aller m’embrasser les mains.

En rentrant, je me suis mise au repassage, il n’y en a pas mal, j’ai fait cuire les cervelles dans un court-bouillon, puis fait la pâte à frire – je vais apprendre ainsi à faire la cuisine (le livre explique très bien).
Le légionnaire vient de m’informer que demain nous aurons du poulet – En 1927, un poulet valait 3 francs, maintenant 5 francs – Les œufs sont tout petits mais très frais (trois pour 1 franc).

René compte aller à la chasse demain, avec le vétérinaire et un lieutenant – je lui souhaite vraiment beau temps…

* IK : iodure de potassium

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Dimanche 24 novembre 1929 -

Aujourd’hui un soleil brûlant.

Comme c'est dimanche, René est parti à 6 heures du matin à la chasse. Hier soir, il n’a pas dîné par suite d’un violent mal de tête qui a dû sûrement le quitter, puisqu’il est parti, comme c’était convenu à la chasse.

Vu la température, j’ai revêtu ma robe jaune et suis allée ce matin faire une petite promenade.
Après déjeuner, j’en ai fait autant. Maintenant, dans le pays, je commence à être connue. Les femmes me disent bonjour (Slama) ou la be slalick (ça va bien ?).
Je leur réponds en arabe bien entendu… Tous les gosses que je rencontre, viennent me serrer la main ; il y en a qui bien propres et bien habillés, seraient vraiment délicieux.
Les plus jeunes ont les cheveux passés au henné, ce qui leur donne une teinte acajou. De 8 à 14 ans, ils ont la tête toute rasée, avec par côté, une maigre tresse, maintenant je commence à m’y habituer…

En fait de journaux, je n’ai pas à me plaindre : René achète « L’Écho du Maroc » et, l’ordonnance achète le quotidien français « Le Journal », celui que Guy achète, mais que nous avons toujours, avec un jour de retard. Ainsi, c’est seulement aujourd’hui dimanche, que nous apprenons que Monsieur Clémenceau est au plus mal.

René vient de rentrer de la chasse, plutôt fourbu, et ne revient pas bredouille, je vous assure. A sept chasseurs, ils ont tué 105 perdreaux, 2 lièvres et un chacal. Vous le direz à Guy. Pour sa part, René a eu 15 perdreaux. Inutile de vous dire que nous n’allons pas les manger. Nous en gardons 4 et les autres, René les a envoyés par l’ordonnance, à ses infirmiers, à un sergent dont la femme nous a envoyé un délicieux gâteau, et à un capitaine.


A suivre...
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Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Grostefan Alain le Mar 27 Aoû - 9:30

Salam JACQUES
Cet épisode de la petite tresse sur le côté de la tête des petits garçons me rappelle des souvenirs. C'était en 1954. J'enseignais à des petits berbères. Mon rôle ne se limitait pas à cette tâche. Il y avait aussi les soins et l'hygiène. Pour lutter contre le trachome j'instillais de l'auréomycine dans chaque oeil pendant trois jours. Ce faisant je me suis aperçu que ces élèves avaient des poux et des lentes dans la petite touffe de cheveux se terminant par la tresse. Je fis ni une ni deux et d'un coup de ciseaux j'éliminai complètement ce nid à parasites. Qu'est-ce que je n'avais pas fait là! J'ignorais que cette petite tresse avait quelque chose de symbolique. Les mères ont poussé les hauts cris. Heureusement le capitaine LEBLOND, commandant des A.I. envoya une émissaire expliquer aux villageois les raisons de mon initiative. Du coup on m'apporta qui des oeufs, qui du pain façon berbère de l'époque (presque pas de mie), qui du beurre. En définitive je fus mieux considéré qu'auparavant.


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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Admin le Mar 27 Aoû - 22:10

Je me laisse aller dans cette description du voyage à Khénifra... Avec toujours autant de plaisir...

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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Mer 28 Aoû - 6:27

Bonjour à Toutes et à Tous,

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais c'est curieux, de ces lettre de ma mère, ressort l'impression que le temps s'écoulait, semble-t-il, plus lentement...

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(Suite)

Lundi 25 novembre 1929 -

C’est effrayant ce que le soleil est chaud aujourd’hui.
Ce matin, après avoir fait mon lit et rangé ma chambre, je suis allée faire un carré de filet.

A midi, René et moi, avons déjeuné seuls, le Dr Peynet étant parti à Kebab et Alemsid (60 km), pour deux jours, afin d’y faire des piqures.

René avait ordonné de faire un tagine de perdreaux (avec raisins etc.). Il n’était pas prêt pour midi, aussi nous le dégusterons ce soir. En remplacement, nous avons mangé une omelette aux pommes de terre, côtelette de mouton (délicieuse) et haricots verts – le tout excellent. La viande est bien meilleure depuis que j’ai rencontré le Vétérinaire...

Après le repas, René et moi, sommes allés nous promener le long de l’Oued. Les légionnaires, nus dans l’eau, étaient en train de baigner des chevaux ou de faire toilette ; certains faisaient leur lessive.

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Mardi 26 novembre 1929 -

Nous avons mangé le fameux tagine de perdreaux, plat arabe. C’est l’infirmier de l’Ambulance qui l’a confectionné – Il faut pour cela, un plat en terre spéciale, assez grand – les perdreaux y cuisent, avec oignons, noix, amandes, raisins de Corinthe, carottes, pommes de terre. C’était vraiment excellent, meilleur que le tagine de la diffa, peut-être parce que j’avais hier soir, une fourchette… Je n’en ai pas mangé cependant beaucoup, pour pouvoir dormir à mon aise. C’est ce que j’ai fait ; cette nuit-là a été un record, de 20 h. 30 à 8 h. 30 ! Le tour de l’horloge ! René, lui, a eu une nuit agitée – résultat des perdreaux…

L’ordonnance vient de rentrer avec deux morues d’un kilo et demi chacune, demain, je leur ferai une brandade.

Nous avons déjeuné ce matin, de bonne heure, René et moi, car il voulait se rendre dans un village situé à 30 Km de Khénifra, pour y porter de la laine, afin qu’on lui tisse un tapis (noir et blanc).
Nous sommes partis, donc, le chauffeur, le Chef du village, René et moi, dans une auto militaire.
Après avoir parcouru un kilomètre, il a fallu nous arrêter. Le chauffeur est descendu ; soi- disant parce que c’était les bougies qui étaient encrassées – On remonte. 500 mètres plus loin, l’auto s’arrête, soi-disant parce qu’il y avait trop d’huile – En fin de compte, l’auto s’est arrêtée. René enguirlandait le chauffeur (un tout jeune, qui n’avait pas plus l’air de s’y connaître que moi). Je comprends que cela embêtait René qui voulait être de retour à Khénifra, vers 16 h 30. Or comme le Dr Peynet n’étai pas là, Khénifra était privé de médecin ! Vous voyez la tuile qui aurait pu arriver à René.
Nous n’étions qu’à 4 km de Khénifra, et il y avait deux heures que nous étions partis, René a pris la décision la plus sage, celle de faire demi-tour pour revenir à Khénifra. Tourner une auto sur ces pistes, n’est guère facile, le chauffeur a juré à tous les diables – enfin nous avons pu prendre le chemin du retour. J’en ai été bien contente, car cela nous évitait un retour de nuit. Malgré les sécurités, qui sont très éloignées les unes des autres, il est sage de ne point trop s’aventurer trop loin.

René m’a annoncé que nous allions assister dans quelques temps, à une diffa, chez le Caïd de Khénifra qui réside à la Casbah, mais nous serons plus en famille (un lieutenant et sa femme, un civil et sa femme, le Véto, et nous trois).
La diffa aura lieu le soir et après cela, le Caïd va faire danser des femmes devant nous – tout à fait comme dans les dîners des Romains.

(A suivre...)



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Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Ven 30 Aoû - 9:09

Bonjour à Toutes et à Tous,

Suite...

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Mercredi 27 novembre 1929 -

Je crois qu’aujourd’hui ce fut la journée la plus chaude, depuis mon arrivée à Khénifra.

Ce matin, je suis allée au souk où j’ai retrouvé René en consultation à l’infirmerie ; il était très soucieux, car le Dr Peynet, accompagné de l’infirmier de l’infirmerie indigène, n’était pas encore rentré d’Alemsid et de Kebab.
L’infirmier est enfin arrivé et René a commencé sa visite.

Nous avons acheté un chapon, 10 Fr, pas très gros cependant et six oranges.

Cet après-midi nous sommes retournés au souk un petit moment, puis je suis rentrée et ai fait du filet.

L’auto d’hier marche maintenant ; c’était un fil qui faisait court-circuit – René m’a avoué aujourd’hui qu’à l’endroit où nous étions arrêtés pour arranger l’auto, avait eu lieu l’assassinat des Arnauld – Il a bien fait de ne me le dire seulement qu’aujourd’hui…

Le Dr Peynet nous a dit que là où il était allé en visite (Alemsid et Kebab), les sécurités sont très nombreuses – le principal étant de ne pas s’aventurer la nuit.

René vient de me faire parvenir un billet, par l’intermédiaire de l’infirmier, me disant de congédier l’ordonnance, car nous allons ce soir dîner chez le Caïd de Khénifra. Je mettrai ma robe de laine et mon sweater jaune, c’est bien suffisant, car on s’y salit beaucoup.

Je reçois par la même occasion votre lettre – inutile de vous dire le plaisir qu’elle me cause.


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A suivre...

Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  HUGUETTE ROMERO le Ven 30 Aoû - 11:13

BONJOUR  A  TOUS.

BONJOUR  JACQUES.
JE  LIS  TOUJOURS  AVEC PLAISIR  LES  LETTRES  DE  TA  MAMAN............ merci.
JE  SUIS  D'ACCORD  AVEC  TOI........  EN  CE  QUI  CONCERNE  LE  TEMPS ......... 
 IL  S'ECOULAIT  PLUS  PAISIBLEMENT ......... CELA  VIENT  AUSSI  DU  STYLE  D'ECRITURE  DE  TA  MAMAN.
J'AIME  BEAUCOUP.

HUGUETTE.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Ven 30 Aoû - 12:05

Bonjour Huguette,

"Le facteur sonne toujours deux fois...".
Il apporte une autre lettre !

Suite...
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Jeudi 28 novembre 1929 -


 

C’est hier soir que nous sommes allés chez le Caïd de Khénifra.

Vers 19 heures, nous sommes partis par une nuit noire, le Dr Peynet, le Véto, René et moi.
C’est la première fois que je voyais Khénifra de nuit.
Nous sommes montés vers la Casbah et avons atteint la caïda.
Déjà trois autos stationnaient devant le portail. Le Caïd, devant l’entrée, nous a salués, puis nous avons pénétré à l’intérieur de la salle à manger : salle très longue et très étroite (genre couloir) – divans et coussins, et partout, des tapis.

Cette diffa s’est révélée plus agréable que l’autre, car nous étions reçus comme « en famille ». Avec du champagne, nous furent servis les mêmes plats qu’à l’autre diffa, mais mieux préparés.
D’abord lavement des mains – Ensuite furent apportées deux tables longues, des serviettes très propres en gaze apprêtée, et des nappes de même.

Ils font cuire le mouton d’une façon merveilleuse – Je n’ai pas mal mangé, il est vrai que c’est ma seconde diffa, donc je ne suis plus un bleu. Entre les plats, des serviteurs proposaient du vin et de l’eau. Je n’arrive pas encore à m’habituer au couscous, à cause du beurre rance.
J’étais placée entre le Véto et René. Le Véto est toujours un drôle de type, il nous a fait rire pendant tout le dîner (il nous a invités à venir boire un verre de porto, aujourd’hui à 17 heures – dans un quart d’heure il faudra que j’aille m’habiller).
Leur thé à la menthe a été supérieur…, vers 23 heures, je devais en être à ma 10ème tasse (toute petite bien entendu).

Après la diffa, nouveau lavement des mains et danses – Deux danseuses et trois musiciens – Elles chantent et se trémoussent en faisant du ventre et se déhanchant (des analogies avec le Charleston).

En tous points cette diffa a été réussie. Nous nous sommes retirés avant minuit. L’épouse de l’Ingénieur des travaux publics m’a proposé de me raccompagner en auto – j’ai préféré rentrer avec ces messieurs.
La nuit était complètement noire, nous nous éclairions avec des lampes de poche.
Nous avons rencontré plusieurs patrouilles.

Aujourd’hui, vers midi, le Dr Peynet est rentré me disant « Votre frère vous fait dire qu’il y aura un invité à dîner : le médecin-capitaine, de Meknès, qui doit lui succéder au mois de février ». Il a donc fallu que je me débrouille. Je suis allée acheter du saucisson et une boîte de choucroute Olida. Avec cela, un chapon et les croquettes de semoule - dessert : fromage, flan, oranges, confiture. Tout s’est très bien passé.
Ce médecin est à Meknès et a croisé Josette au Cercle. Il nous a dit « Elle a une façon excentrique de s’habiller… et elle est vraiment trop fardée… ».
Après dîner, nous sommes allés tous les quatre, nous promener à la Casbah –
Ce soir nouveau dîner, car ce médecin reste jusqu’à demain.
En arrivant, il m’a pris pour une dame et m’a fait un baise-main.

Je m’explique maintenant pourquoi mes lettres envoyées par avion, vous parviennent par bateau – On m’a dit que celles adressées par avion, devaient être très très légères. La Poste a dû trouver ma première lettre trop lourde et l’a envoyée par bateau.

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A suivre...

Cordialement.
J. Merlin
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  christiane gérard le Sam 31 Aoû - 13:08

MERCI Jacques de partager cette correspondance avec nous.Ce qui m'a un peu étonnée ce sont les tasses pour le thé.Sans doute le caïd a -t-il voulu servir  le thé à "l'européenne "pour faire plaisir à ses hôtes.

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Amitiés Christiane

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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Admin le Dim 1 Sep - 8:36

Jacques Merlin a dit
jacques merlin le Mer 28 Août 2013 - 6:27
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais c'est curieux, de ces lettre de ma mère, ressort l'impression que le temps s'écoulait, semble-t-il, plus lentement...
C'est une bien curieuse impression, mais il est vrai que l'on ressent cette sensation du temps qui s'écoule sans précipitation... Inexplicable...??? Peut être pas...!!! Mais on vit ce "voyage" au jour le jour, sans contrainte...
Toujours est-il que ce récit, enrichi d'anecdotes assez étonnantes dont le coût de l'alimentation, le goût du beurre rance dans le couscous (vécu... ce n'est pas tellement ragoutant...), les légionnaires nus dans l'oued pour le bain ( des photos offrent ces images sur ce site, dans "Kasba Tadla" par exemple, le jeune marocain complètement rasé, avec une seule fine et longue natte sur le côté du crane (déjà vu sur ce site...coutume de l'époque certainement religieuse plutôt que sanitaire), etc...
Ces jeunes qui quêtent un "favor"... à mon avis, c'est plutôt un "fabor" (gratuit), mais...??? Question 
En fait, on prend tout son temps à suivre le journal inédit de Mme Derennes...


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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Dim 1 Sep - 8:49

Bonjour à toutes et à Tous,
Suite


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Vendredi 29 novembre 1929 -

Nous sommes allés, hier soir vers 17 heures, chez le Véto. Il a un intérieur fort joli et confortable, c’est extraordinaire pour un célibataire. Son appartement se compose de deux pièces : un bureau-salon, avec bureau, divans, fauteuils ; sur les divans et fauteuils, tout un tas de peaux de chacals et de renards (environ 10 ou 15). Je vous assure que j’en lorgnais quelques-unes. Je lui ai envoyé ce matin, ma peau de renard pour qu’il la tanne.
Aux murs de son bureau, des objets marocains, des tapis et des armes, le tout, fort joliment arrangé. Sa chambre, aussi, est très bien, tous les murs sont garnis de tapis – De plus, c’est fort propre (comme le Véto).
Il nous a offert l’apéritif (Porto, Quinquina, Anis) et des biscuits secs – C’est moi qui faisait le service – il y avait le futur remplaçant de René, le Dr Peynet, René, le Véto et moi.

Vers 19 heures, nous sommes rentrés pour dîner. Tout s’est bien passé. René et le Dr M. (son futur remplaçant) ont rappelé les années d’École de Médecine passées en commun.
Vers 22 heures, ils se sont retirés (« …Mademoiselle, Mes Hommages… ») et nouveau baisement de main – tellement bien que j’ai failli lui éclater de rire en pleine figure !

Ce matin, l’ordonnance ne va pas bien – Probablement un accès de palu. Il est allé se coucher. A midi, j’ai donc fait le service et lavé la vaisselle. Le soir, je leur ferai la cuisine. Le plus ennuyeux, c’est d’allumer le charbon de bois…
Comme j’étais seule à la maison ce soir, par sécurité, René m’a dit de venir dans son bureau. C’est ce que j’ai fait – je vous écris à sa table, pendant qu’il est en train de rédiger des notes. Il va tout à fait bien et je ne l’entends plus tousser depuis plusieurs jours.
C’était trop beau, le soleil ne s’est pas montré aujourd’hui, nous avons eu un temps orageux.
Un planton vient d’apporter le courrier et m’a remis une lettre de Tante et d’Ida. Merci à Tante pour sa petite lettre, puisque tu as le temps, tu devrais nous écrire plus longuement, enfin tu as eu une bonne idée. Quant à la lettre d’Ida, j’ai eu de la peine à la déchiffrer. Quelle sale écriture…
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Samedi 30 novembre 1929 -

Pas de soleil encore aujourd’hui, Khénifra semble tout drôle. Je vous assure que j’avais commencé à m’habituer. Le temps est assez froid.
L’ordonnance n’étant pas là à 8 heures, je me suis levée pour préparer le petit-déjeuner de René, puis me suis recouchée jusqu’à …10 h. 30 ! L’ordonnance est arrivée vers 9 h. 30, sa crise de palu passée.
Vers 11 h. nous sommes allés, René et moi, au souk. Rapportant des oranges, je suis rentrée compte tenu du temps incertain.
Après déjeuner, je suis allée me promener sur la route de Meknès. Les indigènes revenaient du marché et regagnaient les douars. On appelle douar un ensemble de tentes arabes, plutôt préhistoriques. Les Arabes les plus huppés ont de beaux burnous dans lesquels ils sont drapés – ils sont tous pour la plupart munis d’un fusil passé en bandoulière. Les moins huppés sont montés sur des ânes : de tout petits ânes mal fichus. Or, les Arabes sont généralement grands et très minces, vous voyez le coup : leurs jambes traînent par terre – Représentez-vous Don Quichotte juché sur l’âne de Sancho Panza…
Durant ma promenade, les Arabes regardaient avec une évidente curiosité, mon pépin. Peu connaissent cet engin…
Vers 15 heures, je suis allée dans le Camp militaire, voir la dame du foyer du soldat. Je lui ai rapporté les livres empruntés – Je lui en ai pris d’autres, puis suis allée à l’infirmerie-ambulance, dans le bureau de René, où j’ai lu durant une heure.
Je suis rentrée parce qu’il commençait à faire frais, j’ai raccommodé quelques paires de bas et je vous écris.

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A suivre...
Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Admin le Dim 1 Sep - 15:46

Vue d'ensemble de la Kasba de Khénifra



Vers 1925 - Photographe : Arlaud, Georges Louis - Date prise vue - vers 1925  
Crédit photo : Ministère de la culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN  


Dernière édition par Admin le Mar 3 Sep - 14:20, édité 1 fois

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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Dim 1 Sep - 16:24

Suite :

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Dimanche 1er décembre 1929 -

L’ordonnance est venue ce matin me réveiller en me disant que vers 10 heures, le Père de Kebab dirait une messe dans le réfectoire de l’infirmerie.

Je me suis donc habillée, le temps n’était vraiment pas beau, le brouillard noyait les montagnes dans le froid.

Je me suis donc dirigée vers le Camp.
A l’infirmerie, René, ayant beaucoup de travail, était occupé. Il a pu tout de même venir avec moi.
Le Père avait averti trop tard, en conséquence il y avait peu de monde, à peine cinq ou six femmes d’officiers et des gosses –
Les messieurs étaient plus nombreux.
La messe se disait dans une pièce assez longue – Une table, deux douilles d’obus avec du mimosa. Derrière le pseudo autel, des draps blancs décorés de petites branches de mimosa étaient tendus sur le mur.
Le Père de Kebab a 45 à 50 ans, une barbe blanche et le dos très voûté. Il a prêché pour dire qu’il fallait se préparer à la fête de Noël.
Il prêche les yeux fermés. Tout ce qu’il disait était très simple mais fort bien tourné.
Un soldat servait d’enfant de chœur.
Les dames étaient sur des bancs – Tous les officiers, derrière, debout. Certains officiers spahis avaient revêtu leur grand dolman …Que c’était joli !…
Le gosse d’un capitaine a quêté.
En sortant de la messe, j’ai salué ces dames dont j’avais fait la connaissance à la diffa et je suis rentrée avec l’épouse du capitaine de C., accompagnée de son mari.

Vers midi, le soleil est revenu - Très chaud… puisse-t-il durer longtemps. !

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A suivre...
Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Lun 2 Sep - 8:17

Bonjour à Toutes et à Tous,

Suite :

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Lundi 2 décembre 1929 -

Le soleil a recommencé à briller dans toute sa splendeur.
La Table des Zaïans (une des montagnes qui domine Khénifra et qui est en forme de table) est très nette ; il parait que c’est bon signe quand elle est claire. Dire que nous sommes au 2 décembre et que nous avons un temps analogue à celui de juin – juillet en France… Ce matin, je suis allée faire du filet dans la cour, vu le beau temps.

A midi, nous avons déjeuné sans le Dr Peynet en tournée, il y a énormément de travail.
L’ordonnance nous avait préparé une « ménagère », pas mal réussie ; c’est un mélange de navets, carottes, jeunes pommes-de-terre, olives. Nous l’avons dégustée avec plaisir. Le sergent de l’infirmerie-ambulance nous a fait livrer un énorme plum cake (bien pour 15 personnes), préparé par sa femme et fort bon – j’en mange matin et soir…

Après le repas, nous sommes allés, René et moi, nous promener le long de l’Oued Oum Er Bai.
– C’est la partie la plus riante de Khénifra, l’eau y est d’un fort joli bleu et le courant est très fort, probablement alimenté par la neige qui se trouve au haut des sommets.
Le soleil était excessivement chaud, tellement, que les légionnaires faisaient leur lessive en tenue d’Adam.
Nous avons aperçu une bécassine, René a regretté de ne pas avoir son fusil pour la zigouiller.

Nous sommes revenus par le Camp et j’ai attendu deux heures environ, dans le bureau de René, pensant que le courrier allait arriver. Voyant qu’il tardait, je suis rentrée avec Kissi, (une chienne arabe) qui est une gardienne vigilante – Elle nous veille toute la nuit et je vous assure que cela ne m’ennuierait pas de coucher toute seule dans la maison, tant elle fait bonne garde. Elle est très craintive ; ainsi, quand on veut la caresser, elle recule toujours, pensant qu’on va la battre – jeune, elle était maltraitée par ses anciens maîtres, des Chleuh (peuplade indigène de Khénifra).

L’ordonnance vient de rentrer et m’a dit que nous aurions deux douzaines d’huitres… C’est pas mal pour deux …

René vient de rentrer avec une lettre de Tante Cora, seulement adressée à "Mademoiselle Odette Derennes" – c’est une lettre très gentille pour moi, mais un peu sèche pour René pour qui elle écrit uniquement : « Je t’embrasse bien affectueusement ainsi que René »…

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A suivre...

Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  christiane gérard le Lun 2 Sep - 8:56

Jacques,bonjour et merci

Cela fait plusieurs fois que votre Maman mentionne des huitres.C'est assez étonnant?non?vu la situation de Khenifra et les moyens de transport de l'époque !

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Amitiés Christiane

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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Grostefan Alain le Lun 2 Sep - 20:24

J'ai bien aimé le terme "zigouiller" qu'on employait chez moi quand il s'agissait d'abattre une volaille. Le couscous avec un peu de beurre rance est "très mangeable". En revanche si la main a été un peu lourde lors du dosage, le goût est un peu fort, surtout si on n'y est pas habitué.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Lun 2 Sep - 22:07

Bonsoir,

La suite réserve des situations surprenantes... :

- Des douzaines d'huitres sont prévues aux menus de fin d'année,
- l'épouse du Commandant du Poste de Khénifra, joue au tennis et possède une garde-robe "que j'vous dis pas...",
- on va priver d'électricité la dame du foyer du soldat,
- le Père de Kébab propose à ma mère une coupe de Champagne,
- à la Noël, il ne viendra pas dire la messe, car le cdt du Poste de Khénifra, promu Lieutenant-colonel, qualifie son action "d'exercice illégal de la médecine",
- ma mère, dans une lettre, doit expliquer que "de Kébab" n'est pas le nom à particule du Père, mais le nom de son bled,
- ma mère, grâce à l'intervention de son frère, ne tire pas une cigogne...
etc.

A suivre...
Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  Ghislaine Jousse-Veale le Lun 2 Sep - 23:38

Bonjour Jacques et pour la premiere fois je te pose cette question: "ne tire pas une cigogne" ca veut dire quoi exactement? Very Happy  et je repete merci pour les ecrits de ta maman.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

Message  jacques merlin le Lun 2 Sep - 23:52

Bonsoir,

J'ai la ferme impression, qu'à cette époque, "par esprit sportif", à la chasse, on tirait un peu sur n'importe quoi, ne serait-ce que pour vérifier si on ne visait pas encore pas trop mal...

Cordialement.
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Re: Le Journal d'Odette Derennes, Khénifra 1929

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