Le Maroc en 1920 - A. CHARTON - 1931

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Le Maroc en 1920 - A. CHARTON - 1931

Message  Riotte le Ven 2 Sep - 23:28

Rubrique ouverte par JEAN RIOTTE, dans laquelle va être inséré un document d'une soixantaine de pages, tiré d'un ouvrage intitulé "L'Encyclopédie par l'image - Le Maroc", publié en 1931. Edition Hachette. Auteur, A. CHARTON, géographe ayant vécu au Maroc.

Ce document est une photographie du Maroc de la fin des années 1920, traitant de sujets comme la nature, les paysages, les régions naturelles, les hommes, les villes, l'avenir du Maroc nouveau.

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INTRODUCTION.

La personnalité du Maroc.

Le Maroc, sur les confins de la Méditerranée et de l'Océan, à côté de l'une des routes les plus fréquentées du monde, restait, il y a trente ans à peine, une citadelle d'inconnu, la terre bénie des explorateurs.
Son nom ne représentait guère à notre esprit qu'une sorte de toile de fond, un brillant décor où se mêlaient confusément de vagues souvenirs d'Orient et de moyen âge, tandis que se perpétuait, dans ses traits toujours identiques, malgré les révolutions de palais et les guerres de provinces, la vie morcelée, isolée, élémentaire des villages et des tribus.
Le voici maintenant, ce pays de légendes, reconnu, figuré, appelé à la vie géographique, arrêté dans ses traits distincts, comme un bloc d'où surgit la statue.
Car le Maroc, sous des physionomies variées, est une personne physique. Il n'est pas étalé sur l'Afrique comme une masse invertébrée, fondu, comme la haute Algérie, dans l'immense steppe qui se perd dans le Sahara. Le Grand Atlas lui fait une muraille qui l'entoure et le défend du grand désert, pour lui une limite, un pays de confins, bientôt un rivage, d'où le Maroc nouveau pourra lancer vers le sud d'autres vaisseaux, de modernes caravanes. Du côté de l'Algérie, le Maroc garde de même son individualité; on peut dire que naturellement il tourne le dos à sa voisine de l'est. Le seuil de Taza, où s'affrontent l'Atlas et le Rif, n'est pas un passage, mais un mince détroit aisément barré. Si, grâce au Maroc oriental, le Maroc s'associe aujourd'hui à l'Algérie, c'est l'histoire qui a conduit la frontière du Maroc jusqu'aux portes de l'Oranie, c'est l'effort de notre colonisation qui, par la route et le rail a soudé les deux pays voisins. Mais, par vocation naturelle, le Maroc est le pays de l'Atlantique. Il descend vers l'Océan par ses routes, il y coule, pour ainsi dire, par ses fleuves et ses rivières. C'est dans les plaines atlantiques, au bord des rivages, qu'il dresse ses capitales et rassemble les pays qui, les bastions de l'Atlas conquis, lui font les piliers et la charpente d'un pays moderne.


Le Maroc moderne.


En vingt ans, en effet, ce vieux pays hérissé de minarets, enveloppé de burnous, endormi dans l'ombre chaude de l'Islam, jetant vers l'Océan le regard furtif du guetteur aux créneaux, le voici ouvert aux apports du large, vivifié et rajeuni par un élan de création, un effort prodigieux d'activité. Sous les murs des vieilles cités historiques: Fès, Rabat, Salé, Marrakech, des villes modernes se dressent, ardentes, grandissantes, s'élançant avec une magnifique confiance vers un avenir qu'elles jugent illimité. Voici les usines qui font à Casablanca la banlieue des régions industrielles, les quais bruyants et encombrés, les boulevards vivants et animés d'une Marseille qui commence. Routes droites et chemins de fer dessinent sur le sol marocain un réseau géométrique qui appelle les fermes et les entreprises. Dans ce pays que la littérature annexe à la beauté du monde, les blés, les phosphates, les fruits, les mines sont les éléments essentiels de l'activité nouvelle, et le Maroc entre maintenant de plain-pied dans la vie économique du globe, découvrant à nouveau le jardin des Hespérides. Il remplit enfin sa vocation et commence à exploiter le privilège que lui donnent et ses richesses naturelles et sa position à la tête de l'Afrique, sur l'Atlantique et l'Europe.

( à suivre)
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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Ven 2 Sep - 23:49

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Le Maroc, fin des années 1920 (2).

Message  Riotte le Sam 3 Sep - 19:30

LA NATURE ET LES PAYSAGES.

Les multiples visages du Maroc.

Ce pays de 450000 kilomètres carrés, presque aussi grand que la France, en dépit de sa forte constitution, qui lui donne une vigoureuse personnalité, encadré par le désert, ouvert à l'Océan, surmonté par les plus hauts sommets de l'Atlas qui dépassent 4000 mètres, présente une grande diversité d'aspects, une riche variété de paysages, que le voyageur pressé qui court de Casablanca à Fès et Oudjda n'aperçoit pas dès l'abord.
Pour jouir de cette diversité, faisons, sans souci des routes commerciales et du temps perdu, et s'il se peut au pas lent des caravanes, un double voyage, le premier du nord au sud, de Tanger par Rabat, Marrakech, à travers le Grand Atlas, jusqu'au Sous; l'autre de l'ouest à l'est, en quittant le paquebot à Casablanca, vous conduira des terres noires de la Chaouïa, parmi les cèdres du Moyen Atlas, jusqu'aux steppes uniformes du Maroc oriental.
Au nord, voici les collines vertes et douces qui font à Tanger un panorama digne d'elle. Pénétrons dans le Rif. De larges vallées glissent le long de collines ou de montagnes massives et abruptes, piquées de maquis et de forêts claires. C'est un monde méditerranéen, plus humide,qui ne surprend pas quand on vient de traverser l'Espagne. Voici, aux abords du Sebou, de vastes plaines, greniers brûlants aux sols lourds et craquants durant l'aride été, semées de roseaux et de ces mares que sont les "merja"; aux abords de Meknès et de Fès, les plateaux, blanchis et poussiéreux après la récolte, couverts au printemps de moissons vertes, puis dorées qui semblent monter à l'assaut des collines de lentisques et d'oliviers. Puis c'est, avant d'atteindre Marrakech dans ses palmes, les collines à vif, la steppe de cailloux étalés, le Haouz poudreux et rocailleux, quand l'eau précieuse et trop rare ne fait pas brusquement s'épanouir les jardins et les vergers.Enfin, c'est l'Atlas, un peuple de paysages, avec ses vallées agrestes que Virgile eût aimées et décrites, ses plateaux bucoliques parfumés de lavande, tapissés de genévriers et hantés par des troupeaux et des bergers, avec ses massifs formidables, ses pics sombres et aigus, où des plaques de neige persistent jusqu'au coeur de l'été. Et derrière ce rempart, cette barrière, après la maigre oasis du Sous, les rocs calcinés de l'Anti-Atlas qui font plus enchanteur, au creux d'un vallon, au pied de la montagne, l'épanouissement des fontaines et des sources.
Faisons l'autre voyage. Autour de Casablanca, de maigres collines, molles et mornes, le palmier nain, et aussi, triomphe de la ville voisine qui les exploite, les champs maraîchers. Plus loin , le déroulement des moissons, couvrant les profondes terres noires, dans les plaines de la Chaouïa. Enfin, le Moyen Atlas se dresse, masse coupée de loin en loin de torrents, peuplée de ses magnifiques forêts de chênes et de cèdres. Et au delà, vers la steppe qui s'immobilise, commence le règne de l'alfa et de l'armoise, parmi les cailloux, jusqu'au désert qui commence.
Toute cette variété de paysages qui s'opposent en de vifs contrastes et parfois à de brèves distances et suivant le rythme rapide des saisons, il faut, pour l'expliquer, interroger l'histoire physique du pays, invoquer l'influence agissante de ces grands faits que sont pour la nature marocaine la présence ou le voisinage de l'Océan, de l'Atlas, du Sahara. Ainsi apparaîtront les traits essentiels de la vie physique du Maroc et se distingueront de leurs figures personnelles ses principales régions naturelles.

(à suivre)
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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Sam 3 Sep - 19:52

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Message  Riotte le Sam 3 Sep - 21:19

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Message  Riotte le Sam 3 Sep - 21:29

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Le Maroc, fin des années 1920 (3).

Message  Riotte le Dim 4 Sep - 17:47

L'histoire physique du Maroc.

Par l'histoire de son sol, le Maroc est à la fois étroitement associé au reste de l'Afrique et rattaché aux derniers mouvements du monde méditerranéen. C'est, en gros, un vieux pays bâti sur un socle africain, sur lequel l'histoire géologique plus récente a dressé le relief jeune et vigoureux des formations alpines. Dès l'époque primaire, et à plusieurs reprises, de puissants plissements traversent le Maroc du sud-sud-ouest au nord-nord-est. De ces chaînes robustes qui rappellent en Afrique les massifs anciens de France, malgré les dislocations, les érosions prolongées durant des périodes géologiques entières, malgré les formes enfouies sous les sédiments, un relief subsiste, repris, rajeuni, remis au jour; c'est d'un côté la Meseta marocaine avec ses plateaux, ses massifs relevés, profondément burinés par des vallées encaissées et ses hautes surfaces mamelonnées qui donnent leur physionomie au Maroc central; et de l'autre côté de l'Atlas, la Meseta sud-oranaise.
Autour de ces môles solides mais brisés, usés, relevés, les plissements tertiaires contemporains des Pyrénées et des Alpes dressent un nouvel édifice suivant un autre style; le Rif et les différents tronçons de l'Atlas donnent au Maroc une architecture qui le relie aux chaînes algériennes et espagnoles. Le Maroc devient un morceau d'Atlas, un élément de la structure méditerranéenne. Un tel phénomène retentit sur le Maroc tout entier: les fleuves abondants précipités des hauts sommets recouvrent le pied des monts d'un épais manteau d'alluvions; les volcans s'épanchent et construisent leurs propres montagnes, l'Océan se retire, les dunes se fixent, les rivages reculent.

Les traits physiques du Maroc.

Ainsi se trouve dessinée, dans ses aspects essentiels, la physionomie actuelle du Maroc, avec ses montagnes jeunes, ses massifs anciens, ses plateaux et ses plaines.
Les montagnes jeunes appartiennent à deux types divergents: le Rif et l'Atlas.
Le Rif est lié aux chaînes espagnoles du sud qu'il prolonge et qu'un accident récent, le détroit de Gibraltar, en a séparées. C'est un massif en pleine jeunesse, une muraille qui se dresse en arc de cercle sur la Méditerranée.
L'Atlas est un monde plus compliqué, très varié, qu'il faut encore étudier. Au nord-ouest il comprend le Moyen Atlas, sorte de haut plateau calcaire, troué et garni de volcans, frangé de hauts massifs à peine plissés: un Jura parfois surmonté d'une Auvergne.
Le Grand Atlas s'étend sur 700 kilomètres du nord-ouest au sud-est. Dans sa partie sud, c'est un puissant massif alpestre qui dresse à plus de 4000 mètres les pics du Toubkal ou de l'Ouenkrim; à l'est, c'est une longue chaîne qui jusqu'à l'Ayachi pousse en vagues successives de hautes masses alourdies.
Plus au sud c'est l'Anti-Atlas, vieux massif brisé et redressé que domine le volcan du Siroua à plus de 3300 mètres.
Les massifs anciens sont des fragments, des gradins surélevés de la vieille chaîne primaire que le plissement de l'Atlas a ou repris, ou refoulés, ou disloqués. Du sud au nord , on trouve les Djebilet, curieuses collines sombres et déchiquetées aux formes géographiques, le massif Rehamna, aux sommets nus et rocheux au-dessus des plates formes pierreuses, le massif Zaër-Zaïan où le relief en creux est nettement marqué; avec ses hautes surfaces boisées, découpées par des vallées en canyons.
Les plateaux se groupent au Maroc en trois masses principales: dans le Maroc oriental, ils prolongent les hauts plateaux oranais par une vaste steppe uniforme et indéfinie. A l'ouest ils flanquent le Moyen Atlas et surplombent la plaine Atlantique et la plaine du Sebou. Au sud, le Sahara marocain n'est qu'un immense plateau, recouvert de débris, qui lorsqu'il atteint 2000 mètres, prend le nom de Djebel Sarro.
Les plaines sont, au Maroc, très développées, elles sont un des privilèges du pays et représentent l'essence du Maroc utile. Ces plaines sont de différents types: plaines sédimentaires, plaines d'alluvions, plaines littorales, hautes plaines intérieures, plaines d'effondrements. Géographiquement, elles se répartissent en quatre groupes: au nord, les plaines du Sebou et de la Moulouya; à l'ouest, les plaines subatlantiques de la Chaouïa, des Doukkala et des Abda, avec leurs riches terroirs agricoles; au long de l'Atlas, les plaines du Haouz et du Tadla; enfin, au sud, la large gouttière du Sous plaine effondrée, encadrée entre l'Atlas et l'Anti-Atlas.
L'opposition entre les plaines et les montagnes est le trait le plus vif du Maroc physique. Il y a le Maroc des plaines et des capitales, du Maghzen et de la colonisation, le Maroc ouvert et historique. Il y a le Maroc des montagnes, qui est en gros le Maroc berbère, sauvage, difficile d'accès, qui garde intacts les aspects de ses paysages et les forces de sa population.

(à suivre)
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Message  Riotte le Dim 4 Sep - 18:33

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Message  Riotte le Dim 4 Sep - 18:56

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Message  Riotte le Dim 4 Sep - 19:04

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Message  Riotte le Dim 4 Sep - 19:15

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Le Maroc, fin des années 1920

Message  Riotte le Lun 5 Sep - 19:28

Les forces physiques du Maroc.

Tel est le cadre, sur lequel agissent , pour le sculpter, lui donner le rythme et la variété de la vie, ces grands faits que sont la présence de l'Océan, le rôle de l'Atlas et la proximité du Sahara.

L'influence de l'Océan.

Le Maroc, à la différence de l'Algérie, n'a qu'une étroite façade méditerranéenne rapidement fermée par le Rif. C'est l'Océan qui lui imprime sa marque, c'est l'Océan qui le baigne, le rafraîchit et lui donne ses ciels marins qui ne sont pas toujours des ciels d'Orient. Jusqu'aux pentes du Rif, au seuil de Taza et jusqu'aux plus hauts versants de l'Atlas, on sent cette influence humide et bienfaisante. La carte des pluies allonge ses courbes le long de l'Atlantique, et la distribution des zones de vie humaine obéit au même dessin. Jusqu'à Mogador et Agadir, à la latitude des oasis algériennes, des ergs et des hammadas, l'Océan, dont l'influence est accrue encore par la présence du courant d'eaux froides des Canaries, installe des conditions de vie qui triomphent du désert. C'est de l'Océan qu'accourent les pluies et les rafales de printemps et d'automne. C'est l'humidité atlantique qui imprègne toute la côte marocaine de rosée et de vapeur d'eau.

Le rôle de l'Atlas.

L'Atlas est l'autre privilège du Maroc. Ce n'est pas seulement un monde montagnard, à la limite du désert, avec ses paysages et ses genres de vie originaux. Il participe à la vie marocaine et la commande en partie. C'est l'Atlas qui nourrit et fertilise les plaines allongées à ses pieds. On retrouve son impulsion dans les fleuves qui, malgré la steppe et l'été, parviennent à la mer. C'est l'Atlas qui annexe au Maroc les belles oasis du haut Draa ou du Dadès avec leurs paysages d'eaux vives et claires et d'arbres pressés et touffus, projetés par lui en plein désert. En somme, l'Atlas a sauvé du désert et de la steppe une bonne partie du Maroc.

La menace saharienne.

Car le Sahara enveloppe et menace le Maroc. Quand il n'est pas refoulé par la montagne, il monte vers le nord, dans la région orientale, jusqu'aux abords de la Moulouya; l'Atlas lui-même lui abandonne sa revanche; c'est, dans son ensemble, sur sa façade méridionale une montagne aride et rocailleuse, et tous les voyageurs ont été vivement frappés du contraste entre ses deux versants. Plus encore, le Sahara triomphe parfois de l'obstacle: les plaines intérieures du Maroc au nord de Marrakech sont un demi-désert, et l'été, les souffles desséchants du chergui et du sirocco donnent à l'occasion, même au Maroc du nord, la sensation du désert.
De l'action de ces forces diverses résultent les types principaux des climats, de la végétation, des cours d'eau, et de la distribution du Maroc en régions naturelles, dont nous esquisserons sommairement les traits essentiels.

Les types de climats.

Dans son ensemble, le climat du Maroc appartient au genre des climats méditerranéens. Il en possède les caractères essentiels: distribution des saisons en une saison sèche d'été prolongée et une saison d'hiver plus ou moins humide, soumise à l'influence des grandes dépressions barométriques, températures d'été constantes sur le littoral, plus fortes à l'intérieur, températures d'hiver relativement tièdes. C'est en général un climat humain et salubre quand les conditions d'hygiène sont suffisantes. Le climat n'est presque jamais une force rebelle et hostile, mais un milieu favorable, le climat de l'Attique ou de la Provence, et aussi celui de l'Olympe. Les conditions générales sont fortement modifiées par les influences que nous avons indiquées plus haut. Il en résulte tout une série de climats nuancés dont nous distinguerons quatre types principaux.

Le type océanique.

C'est le climat de la zone côtière marocaine depuis Tanger jusqu'au Sous. C'est un climat voisin du climat portugais. Les étés doux restent frais et l'atmosphère humide. Le sirocco y est un phénomène aberrant, mais non accidentel. Les hivers sont tièdes et connaissent, malgré les averses, de longues périodes de beau temps. L'humidité et la pluie diminuent du nord au sud; de Tanger à Agadir, on passe par dégradations à un climat océanique sec.

Le type continental.

Il règne sur les plateaux et les plaines de l'intérieur, parfois s'approche tout près de l'Océan. C'est un climat analogue à celui des plateaux algériens. Les étés sont ardents, souvent torrides: le Tadla est la fournaise du Maroc. Les hivers sont durs et connaissent les gelées.

Le type atlasique.

C'est un climat montagnard qui ne prend guère son caractère propre qu'au-dessus de 1500 à 2000 mètres. Sur les sommets du Grand Atlas et du Moyen-Atlas, les chutes de neige sont fréquentes en hiver, mais non continues. Les nuits sont froides et les vents sur les versants soufflent en tempêtes. Les étés restent secs malgré quelques orages. Entre les différents versants, entre le Grand Atlas oriental et le Moyen Atlas, des différences très sensibles doivent être notées. Le Moyen Atlas, le Rif sont les massifs les plus arrosés, et par conséquent les réservoirs d'eau les plus importants du Maroc.

Le type saharien.

Dès qu'on arrive sur les plateaux du Maroc oriental, au sud du Grand Atlas, le climat saharien l'emporte.
Le ciel est immuable, la pluie un accident, la sécheresse de l'air absolue.

( à suivre)
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Message  Riotte le Lun 5 Sep - 20:51

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Message  Riotte le Lun 5 Sep - 21:00

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Message  Riotte le Lun 5 Sep - 21:18

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Message  Riotte le Lun 5 Sep - 21:25

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Le Maroc, fin des années 1920

Message  Riotte le Mar 6 Sep - 16:50

Les paysages botaniques.

Fidèle expression du climat, la végétation marocaine se rattache, elle aussi, du point de vue botanique, à la région méditerranéenne. A l'oeil accoutumé aux horizons méditerranéens, familiarisé avec la nature algérienne, le paysage marocain n'offre guère, dès l'abord, d'images vraiment nouvelles: steppes monotones et desséchées, maquis sauvages et embroussaillés, forêts clairsemées et dégradées, tels sont les aspects classiques des pays méditerranéens que nous retrouvons au Maroc. Mais le Maroc n'est pas seulement l'extrême pointe du monde méditerranéen vers l'ouest, c'est, grâce au climat, à l'action de la mer et de la montagne, une nature plus fraîche , un paysage plus verdoyant qu'il fait revivre par un nouveau privilège, jusqu'aux abords du désert. Par ailleurs, des éléments extérieurs, étrangers ou survivants du passé, introduisent une autre variété. L'arganier du Sous est la relique d'un ancien climat tropical. La végétation saharienne s'établit dans le Haouz, tandis que la bruyère, rappel de la végétation ibérique, survit dans le Rif et que des plantes alpines se réfugient dans les hautes montagnes.
Cette variété d'éléments, jointe à la diversité des conditions physiques, permet leur développement aux grandes formations végétales: désert, steppe, prairie, forêt. Au désert, le sol est presque nu, la végétation concentrée dans l'oasis. La steppe marocaine occupe les plaines du Maroc intérieur et presque tout le Maroc oriental; l'alfa, l'armoise à l'est, le jujubier et les sèches graminées à l'ouest les composent. Elle est une traduction d'un climat sec où les pluies sont rares et peu abondantes. La prairie est encore une steppe qui est déjà plus humide et qui présente une autre physionomie: c'est le domaine de l'asphodèle et du palmier nain. La forêt marocaine correspond aux régions les plus arrosées du littoral et des versants montagneux. Elle s'étend, véritable parc de chênes-lièges, autour de Rabat; au nord-ouest, de Mogador au Sous, les arganiers descendent jusqu'à la mer. Dans le Moyen Atlas, la forêt est véritablement dans son climat et dans son habitat: elle forme de magnifiques peuplements de chênes-verts et de chênes zéens: la cédraie, architecture vivante, la couronne et la domine. Dans le Haut Atlas, la forêt est de type plus aride, et sur les pentes de l'Ayachi les cèdres déjà vont disparaître. Presque partout ailleurs, la forêt marocaine a souffert et reculé sous l'action hostile de l'homme et des troupeaux. Souvent elle n'est qu'un lambeau, parfois même une ruine. La forêt marocaine est une richesse qu'il faut défendre.
Les formations végétales du Maroc peuvent se répartir en cinq régions, "domaines ou étages", comme disent les botanistes. L'étage saharien, caractérisé par le dattier de l'oasis, borde l'Atlas au sud. Le domaine ou étage steppique enveloppe le Grand Atlas de ses savanes d'arganiers, de ses landes de jujubiers et se prolonge jusqu'aux environs d'Oudjda. L'étage méditerranéen ou atlantique comprend les plaines de l'ouest, maintenant couvertes de cultures, la région du Sebou, les collines vêtues de maquis et la bordure méditerranéenne du Rif, du Grand et du Moyen Atlas. Enfin l'étage alpin forme des îlots sur les hauts sommets des trois massifs au-dessus de la limite de la forêt. Ainsi le Maroc renferme les divers types de paysages botaniques qui s'échelonnent du désert aux pelouses alpestres des hautes montagnes.

( à suivre)
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Message  Riotte le Mer 7 Sep - 15:21

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Message  Riotte le Mer 7 Sep - 15:23

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Le Maroc, fin des années 1920 (6).

Message  Riotte le Mer 7 Sep - 17:39

Les types de cours d'eau.

Le privilège que le Maroc doit à sa position atlantique et à la hauteur de l'Atlas, nous le retrouvons dans son hydrographie. Pays humide et souvent boisé, le Maroc est, dans la même mesure, un pays d'eaux vives et de fleuves permanents. Le murmure des eaux, le fracas des torrents, sont des traits familiers au Maroc. Le Moyen Atlas a ses lacs, ses cascades et ses sources vauclusiennes; le Grand Atlas, ses torrents brusquement emportés. Le Sebou, l'Oum er Rebia, le Sous même sont d'importants personnages marocains; sur tout ou partie de leur cours, ils caractérisent des régions vivantes, ils sont une force et une richesse. Le premier fait qui frappe, si l'on considère l'ensemble du réseau hydrographique du Maroc, c'est l'influence prédominante, impérieuse de l'Atlas. C'est d'ailleurs un lieu commun que d'appeler l'Atlas le château d'eau du Maroc, c'est autour de lui que s'organise toute la circulation des eaux. Tous les cours d'eau sont plus ou moins, dès leur élan, des fleuves montagnards, de force vive et de pente accusée. Même influence sur le régime: il n'est pas de fleuve marocain qui ne projette jusqu'à la mer et jusqu'au désert l'impulsion reçue dans la montagne.
Grâce à l'Atlas et à l'humidité du climat, le Maroc est un pays où le drainage des eaux vers la mer est à peu près régulièrement et complètement organisé. Là encore apparaît la supériorité du Maroc, pays surtout atlantique, sur l'Algérie et la Tunisie. Alors qu'en Algérie les surfaces drainées vers la mer ne dépassent guère le Tell, au Maroc, ce sont les régions non drainées vers la mer qui sont l'exception.
Les variations du régime des pluies, la nature du sol, la dispersion des eaux en sens opposés vers l'Océan, la Méditerranée et la cuvette saharienne permettent de classer les cours d'eau en familles variées où nous distinguerons:
Le type méditerranéen. Il est confiné dans la région rifaine, en bordure de mer. Ce sont, semble-t-il, des oueds torrentiels, irréguliers et soudainement violents, qui, d'un bond, s'élancent vers la mer, au travers des gorges taillées en coups de sabre.
Le type semi-désertique. Il occupe un double domaine: saharien et steppique. Dans la steppe,les oueds sont en été de simples trains de cailloux, parfois bordés de roseaux ou de lauriers-roses; au moment des crues intermittentes, de violents torrents, le reste du temps, un mince filet d'eau ou un chapelet de mares. Les oueds sahariens commencent par être de vraies rivières montagnardes. Puis l'influence de la montagne diminue à mesure que celle du désert augmente. La rivière s'anémie, perd son souffle; son lit devient instable, encombré, submergé d'alluvions et de cailloux et finit dans l'impuissance désertique.
Le type atlantique. Ce sont les cours d'eau de la région nord et des plaines atlantiques; dans cette région, basse et bien arrosée, les rivières sont bien réglées, permanentes, mais les maigres de l'été se creusent profondément, et vers le sud la tendance au régime semi-désertique s'accuse de plus en plus. Ainsi le Loukkos, le Bou Regreg, les rivières de la Chaouïa.
Le type atlasique. Les rivières du Grand Atlas sont l'une des joies et des richesses les plus véritables du Maroc. L'oued el Abid, la Tessaout, le Nfis, sont de belles rivières aux eaux vives et frémissantes, emportées par un courant rapide. Elles ont, à une échelle réduite, quelques-uns des caractères de nos rivières alpestres: la force d'érosion, le profil jeune, le régime abondant mais varié suivant les saisons et la fonte des neiges. On comprend que ces cours d'eau qui tranchent la montagne mais aussi la fertilisent soient à la fois des obstacles et des lieux où les hommes se rassemblent.
La complexité des influences qui agissent sur le régime, la variété des types de rivières font que le Maroc possèdent de véritables rivières comme la Moulouya, le Sebou, l'Oum er Rebia qui ont été capables d'acquérir une sorte de personnalité. Au vrai la Moulouya est un fleuve presque étranger au Maroc; de maigre débit, assemblage de tronçons différents, tour à tour - et c'est là un résumé de son histoire - une rivière de montagne, une rivière de plateau steppique, une rivière de plaine méditerranéenne, elle juxtapose les régimes, plutôt qu'elle ne les combine. Le Sebou, ce fleuve magnifique et propre à la navigation dont parlait Pline l'Ancien, est comme une exception dans l'Afrique du Nord. C'est un véritable fleuve atlantique de pays humide; alimenté par des eaux du Rif et de l'Atlas, il est le plus régulier des fleuves du Maroc. L'Oum er Rebia rassemble en un courant puissant les eaux du Moyen Atlas. Il garde jusqu'à son embouchure le caractère montagnard et peut ainsi traverser sans affluents des régions presque steppiques.

On voit ainsi l'importance pratique de l'hydrographie marocaine. L'eau en maintes régions n'est pas si abondante qu'on puisse la considérer comme une richesse gratuite, c'est au contraire un bien précieux qu'il faut ménager, découvrir, capter, utiliser. Mais l'avantage du Maroc, c'est que la question peut être résolue et que la nature elle-même a préparé les conditions nécessaires à la politique de l'eau. Cette politique de l'eau est déjà mise en oeuvre. Elle est un des éléments essentiels de la mise en valeur. Grâce à ses fleuves et à ses chutes, le Maroc, malgré la steppe et le désert proche trouvera sa force dans l'électricité, et une nouvelle richesse dans l'irrigation. Ainsi, par la diversité de ses aspects, par la variété de ses paysages et de ses climats, par l'abondance de ses eaux vives, le Maroc fait dans le monde méditerranéen figure de pays privilégié. La nature n'a pas ménagé ses dons, le Tell n'est pas ici un simple littoral, une façade sur la mer, c'est un pays de plaines vertes et fertiles; les montagnes elles-mêmes sont vivantes et humaines. Tout est préparé pour faire du Maroc un pays complet, aux régions variées que la paix et le travail peuvent mettre en parfait équilibre.


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Message  Riotte le Mer 7 Sep - 18:01

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Mer 7 Sep - 18:57

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Mer 7 Sep - 19:03

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Re: Le Maroc en 1920 - A. CHARTON - 1931

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