Le Maroc des années 1920 à 1930

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Mer 7 Sep - 19:10

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Mer 7 Sep - 19:19

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Message  Riotte le Mer 7 Sep - 19:23

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Mer 7 Sep - 19:40





Je reprends la légende car elle est difficilement lisible:

LA BOUCLE DE L'OUED OUM ER REBIA - L'oued Oum er Rebia, aussi long que le fleuve le plus important du Maroc, le Sebou, a un cours de 600 km. Venu du Moyen Atlas, grossi de l'Oued el Abid qui lui amène les eaux du Haut Atlas, il dévale rapidement vers les plaines littorales, au fond de méandres profondément encaissés qu'il s'est creusé à travers les plateaux. On a utilisé son énergie en construisant à Si Saïd Machou une puissante usine électrique. (Cl. Trompette)
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Le Maroc, fin des années 1920 (7).

Message  Riotte le Jeu 8 Sep - 23:03

LES REGIONS NATURELLES DU MAROC.

Le relief et sa disposition, le climat et ses variations font que le Maroc comprend, beaucoup mieux marquées qu'en Algérie , des régions naturelles, possédant des caractères géographiques propres et presque des contours précis.
Le Maroc se distribue d'abord en groupes de régions. Il y a premièrement un Maroc atlantique, tourné vers la mer et tournant le dos à l'Algérie; groupant dans une large association plaines et montagnes, en opposition avec un Maroc de confins, Maroc centrifuge, excentrique, qui au delà des monts se rattache à l'Oranie ou se perd dans le Sahara. Il y a un Maroc montagnard, longtemps inaccessible, qui fait vivre en Afrique du Nord une nature admirable, qui, en Algérie, ne se retrouve qu'en Kabylie. Ce Maroc contraste avec le Maroc des plaines, des routes, plus uniforme et plus cultivé. Il y a ensuite un Maroc du nord, plus verdoyant, plus arrosé, plus boisé, plus fleuri, très différent du Maroc du sud, qui débute dès qu'on arrive à l'Oum er Rebia, plus sec, marqué par la steppe, même dans la montagne, et qui n'est sauvé du demi-désert par les eaux de lAtlas.

Les caractères des régions.

A la lumière de ces fortes oppositions, la personnalité des régions marocaines apparaît mieux.
Le Maroc oriental a beaucoup d'affinités avec l'Oranie, il a son Tell, ses plaines intérieures, brûlantes et desséchées, ses hauts plateaux pierreux et steppiques aux vastes horizons. C'est un pays de parcours, à peine peuplé, que l'activité minière va transformer entièrement.
Le Maroc saharien vit dans les oasis magnifiques, nourries par l'Atlas, qui s'échelonnent le long du Draa, du Dadès et du Guir. De ces oasis, les plus privilégiées, sont la Tafilelt et le Draa. L'eau disparue, l'oasis quittée, c'est la solitude de l'erg sableux ou des hammadas rocheuses et calcinées.
La région rifaine par son relief tourmenté et compliqué, tombant en abrupt sur la Méditerranée, est une région d'isolement, de vie repliée, très divisée aussi en petits compartiments qui ont leur aspect et leur caractère propre. L'est est presque une steppe; le centre, vrai pays des rifains, coeur de la montagne, avec ses vallées haut perchées, est une citadelle longtemps inaccessible. Le pays des Djebalas à l'ouest, bien arrosé, plus cultivé, est aussi plus ouvert. C'est par là que Tanger, qui devrait être la porte d'entrée du Maroc, se relie à Fès.
Le Moyen Atlas est la région la plus verdoyante et la mieux arrosée du Maroc, haute terre aux larges plis, dressée au-dessus de la plaine du Sebou, massif calcaire et volcanique, coupé de grandes vallées fertiles; c'est une admirable région de forêts et de pâturages. La rigueur des hivers sur les hautes régions, l'appel des frais pâturages dès le printemps en font un pays de pasteurs. L'isolement géographique, la vigueur de la race en font un pays d'indépendances où survivent le mieux les coutumes berbères.
Le Haut Atlas est un monde original. C'est un véritable massif alpestre, avec de puissants massifs aux formes aiguës, aux versants escarpés. Il diffère fortement du Moyen Atlas par son aspect, son climat, sa vie. La montagne elle-même est plus sèche; les forêts plus clairsemées; les centres de vie sont les vallées, parfois élargies en bassins, qui donnent leur nom à la région et concentrent une population de paysans fixés au sol ou plutôt à l'eau de la rivière.
La plaine du nord, parcourue par le Sebou entre Taza, Kénitra, Rabat, est la région vitale, le centre historique du Maroc, la région des capitales successives, politiques, administratives et religieuses: Volubilis et Moulay-Idriss, Fès et Meknès, Rabat. Elle comprend des aspects différents; le seuil de Taza où les influences atlantiques s'arrêtent brusquement; la région centrale de Fès-Meknès, haute plaine calcaire fertile, peuplée, couverte de moissons; les collines du Prérif, comme le Zerhoun, dressées brusquement sur la plaine, aux escarpements abrupts, bordées d'une ceinture d'oliviers et de vergers; la plaine intérieure, humide, gorgée d'eau pendant la saison des pluies, faite tour à tour de sols lourds et profonds ou recouverts de sable; une région de colonisation et d'élevage qui a son port tout neuf: Kénitra.
La région centrale correspond, dans les grandes lignes, à la Meseta marocaine. Mais, de l'ouest à l'est, les conditions naturelles sont très différentes. A l'ouest, la Meseta, avec ses roches anciennes, jaillissant çà et là en lignes de rochers, est généralement couverte par ces profonds dépôts de terres noires et rouges, qui donnent aux plaines de la Chaouïa, des Doukkala et des Abda leur incomparable valeur de terroir agricole. A l'abri d'une côte défendue par la barre, la région est longtemps demeurée confinée dans sa vie terrienne. Par Casablanca et les ports du sud, elle devient la façade atlantique du Maroc. Les plateaux du centre ont un climat plus continental, un sol pierreux: déjà c'est la steppe avec tous ses caractères.
Les plaines du sud, Haouz et Tadla, sont des plaines d'alluvions. Elles participent à deux mondes contradictoires: le monde saharien ou steppique, le monde de la montagne. Dans un climat déjà presque désertique, sur un sol pétrifié, une sorte de vaste oasis de cultures, d'oliviers, de jardins ou de palmiers peut naître, concentrée comme dans la palmeraie de Marrakech ou couvrant la plaine entière comme dans le Sous, fécondée par l'Atlas, ses rivières et ses séguias. Nulle part, le contraste entre les deux mondes et leur contact n'est aussi net qu'au pied même du Moyen Atlas, à Sefrou, au pied du Moyen Atlas, à Demnat, à Amismiz ou à Taroudant. Au débouché des rivières dans la plaine, des villes, des groupes de villages se concentrent au milieu des olivettes et des cultures irriguées, cest le "Dir", centre de vie, région privilégiée, l'une des unités naturelles les plus originales du Maroc.


( à suivre)
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Message  Riotte le Ven 9 Sep - 11:28

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Message  Riotte le Ven 9 Sep - 12:22

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Message  Riotte le Ven 9 Sep - 13:00



FIGUIG - Aux confins du Sud-Oranais, Figuig, est un petit monde, pittoresque et vivant. Figuig est moins une ville qu'un groupe de "ksour" au milieu d'une immense palmeraie encadrée par le désert.
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Message  Riotte le Ven 9 Sep - 13:47



Figuig - Avec ses 200000 palmiers, Figuig, est une oasis extraordinaire. Les eaux qui servent à l'irrigation jaillissent du plateau voisin ou sont amenées des sources environnantes par des séguias ou des canaux souterrains appelés "foggaras". (Clichés Bougault.)


Dernière édition par Jean RIOTTE le Ven 9 Sep - 19:51, édité 3 fois
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Message  Riotte le Ven 9 Sep - 14:03

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Message  Riotte le Ven 9 Sep - 14:05

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Le Maroc, fin des années 1920 (8).

Message  Riotte le Sam 10 Sep - 15:30

LES HOMMES.


Un vieux pays, un sang nouveau.

Pays de contrastes dans sa nature, à la fois disloqué et unifié, le Maroc l'est aussi dans sa formation humaine; livré à la vie élémentaire et souvent anarchique des tribus et des villages, ou rassemblé selon les souffles de l'histoire en une sorte de cohésion vivante. Un vieux pays où l'homme s'attache à sa terre, à sa source, à sa pâture, où l'horizon devant les yeux s'arrête, où la vie renaît toujours identique. Et comme un levain ou un ferment puissant, un sang nouveau circule et bouillonne en ce corps engourdi. Sur le roc berbère qui s'enfonce au delà de l'histoire, tous les gens du dehors, venus de l'ouest ou du sud, de l'est ou du nord, viennent dresser leurs tentes, ériger leurs kasbahs, camper leurs villes et leurs marchés, donnant à l'histoire marocaine ces impulsions successives qui l'amènent d'un bond jusqu'au Maroc moderne.

Le long de l'histoire.

Suivons, au long des siècles, cette histoire d'invasions et de renaissances. Les premiers hommes ont habité ce vieux pays; on retrouve leurs traces dans ses régions les plus fertiles, au long de ses routes naturelles, au pied de l'Atlas, dans les plaines atlantiques, le long des grandes routes du Sebou et de la Moulouya. Enfermé dans ses rivages et ses montagnes, le Maroc n'a cessé cependant de susciter conquêtes et découvertes. Les Phéniciens et les Carthaginois, audacieux Argonautes, lancés parmi les brumes de la mer Ténébreuse, ayant abordé sur ses rivages, lui ont apporté leurs produits et leurs inventions. Longtemps ensuite, le Maroc du nord, avec sa métropole Volubilis, est associé à l'ordre latin, à la paix romaine, à la majesté impériale, mais comme une marche lointaine, une colonie de confins que l'on se borne à surveiller. La vague germanique elle-même poussant les Vandales vient déferler ici. Et voici le grand tournant de l'histoire marocaine: l'invasion arabe de l'islam avec ses mosquées, ses palais et ses capitales, le Maroc des empires, des puissantes dynasties et des conquêtes andalouses, qui amène dans ses murs les berbères du Sahara, les esclaves noirs du Soudan, ou, refluant d'Espagne après la reconquête chrétienne, les Maures et les Juifs de Grenade. Et le Maroc se ferme, à peine entamé par les entrprises espagnoles et portugaises, jusqu'au jour de la plus récente migration, pacifique et féconde celle-ci, des Français, colons et administrateurs, avec, dans leur sillage, le peuple méditerranéen des Espagnols et des Italiens, tous fondateurs et ouvriers du Maroc nouveau. Mais parmi ce défilé historique de migrations et de races, un peuple demeure, toujours le même, dans sa vie quotidienne, dans ses traits identiques et sa résignation, trame solide, roc permanent, nation qui s'ignore, c'est le peuple berbère qui donne au Maroc sa physionomie profonde et véridique.

Les races et les peuples indigènes.

Ainsi, la population indigène du Maroc est constituée par une mosaïque de peuples sur un fond berbère, recouvert d'une civilisation arabe et musulmane, curieusement cristallisée.

(à suivre)
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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Sam 10 Sep - 16:00

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Sam 10 Sep - 16:03

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Message  Riotte le Sam 10 Sep - 16:06

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Sam 10 Sep - 16:08

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Message  Riotte le Sam 10 Sep - 16:19

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Le Maroc, fin des années 1920 (9).

Message  Riotte le Dim 11 Sep - 18:03

Les arabes au Maroc.

Abusés par la domination de l'islam et le rôle politique du sultan, nous avons cru longtemps que le Maroc était un pays arabe. Il reste, il est vrai, de culture musulmane, mais pays arabe, bien peu. En réalité, les Arabes purs au Maroc ne sont qu'une mince pellicule à la surface de races indigènes. Les premiers envahisseurs du VIIème siècle, au temps d'Okba, ne sont guère que des guerriers ou des passants. L'apport fait au temps des Idrissides, au IXème siècle, et surtout par l'invasion hilalienne du XIème siècle a été plus important. Mais, en somme, il y eut infiltration, fusion des races, constitution de noyaux et d'ilôts arabes. C'est surtout dans les villes, au sud de l'Atlas et dans les plaines du nord et de l'ouest que les éléments arabes se sont installés. Les conquérants ont pu imposer leur foi, leurs croyances, leur droit, leur langue, la structure intime du peuple a été à peine entamée.

Le bloc berbère.

Refoulés dans les montagnes et sur les confins par l'invasion et la civilisation arabes, les Berbères sont le sang même du Maroc. Ils ont été les témoins et les survivants de tous les siècles et de tous les empires.
Sont-ils la race indigène? A coup sûr non! Ils furent les premiers envahisseurs, venus de l'Orient ou du nord, on ne sait, et sans doute par vagues successives. Appartiennent-ils à une race unique, nettement différenciée? Pas d'avantage. Les uns sont bruns, quelques autres blonds; leur type physique diffère, quoique voisin des types montagnards de l'Europe, mais aussi rappelle parfois les anciens Egyptiens. Le peuple berbère, dès le début, est un mélange de races. Chez les Berbères d'aujourd'hui, des groupes se constituent qui diffèrent par leurs dialectes, leurs coutumes, leur genre de vie, leur degré d'islamisation. Il y a les Berbères rifains du nord, les Zénètes du sud de Taza, le grand groupe des Beraber qui occupe le Moyen Atlas, enfin les Chleuhs, paysans montagnards retirés dans les hautes vallées du Grand Atlas, de l'Anti-Atlas et du Haut-Sous. La masse berbère est loin d'être d'un seul tenant.

La civilisation berbère.

Ce qui fait l'unité berbère ce n'est pas l'origine, ni l'histoire, ni la vie politique, ni la race, mais une sorte de civilisation d'un type assez élémentaire, exprimée d'abord par la langue qui se disperse en de multiples dialectes, mais aussi par certains aspects de la vie politique et sociale. Il y a des coutumes berbères persistantes, rebelles à l'action du droit coranique. Il y a des institutions politiques, curieusement démocratiques, où les chefs sont les notables qui forment la djemaa ou, dans les temps troublés, l'amrar, qui est un chef de guerre. Il y a sous l'enveloppe de l'islam, toute une religion berbère où survivent les cultes des sources, des grottes, des arbres et des génies, où domine l'influence des marabouts. Il y a des contes, des légendes berbères, tout une littérature qui s'enrichit, un art populaire fruste, robuste, qui édifie les kasbahs, tisse les tapis, grave les cuivres, inspire les plus fiers monuments almohades des grandes villes du Maroc. Il y a enfin la psychologie, le caractère berbère: le paysan chleuh, gai, confiant, résigné; ou les guerriers farouches et intrépides, dissidents d'aujourd'hui, partisans de demain.

L'arabisation.

Le bloc berbère, sous l'influence politique du Maghzen, sous l'influence religieuse et juridique du Coran, sous l'influence des relations économiques, a été entamé et a reculé. Ce mouvement qui se continue de nos jours est très ancien. Autour des pays purement berbères, on constate l'existence d'une zone, d'une frange de bilinguisme où l'arabisation a fait des progrès, mais les tribus arabisées de plaine et du nord, qui souvent revendiquent une fausse ascendance musulmane et parlent arabe, n'en sont pas moins berbères d'origine.

La carte des langues.

Ainsi la carte des langues n'exprime pas la répartition entre berbères et arabes, mais l'opposition entre berbères plus ou moins purs et berbères plus ou moins arabisés. L'on voit surtout les purs berbères confinés dans les montagnes, dans les massifs anciens. C'est le pays du Bled es Siba où l'autorité du sultan était autrefois le plus souvent méconnue, c'est encore aujourd'hui le réduit de la dissidence; le Maroc arabisé est le Maroc des plaines et des grandes routes, des villes et des sédentaires, c'est la pays du Maghzen. En bordure de ces deux grandes masses se trouvent des zones où le berbère se dégrade ou s'abandonne; des ilôts comme le Sous, foyer d'islamisation, et enfin la grande région de parcours du sud et du Maroc oriental où l'on retrouve les courants semblables à ceux de l'Algérie.

(à suivre)
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Message  Riotte le Dim 11 Sep - 22:18



MARRAKECH: La PLACE DJEMAA EL FNA - Marrakech est une ville de plein air, un perpétuel marché. Tous les montagnards de l'Atlas, les ksouriens du désert, les paysans du Haouz, s'y rencontrent et s'y entassent. Le centre de cette vie pittoresque et colorée est la fameuse place Djemaa el Fna. C'est surtout vers cinq heures du soir qu'elle s'anime, et les indigènes, rangés en cercle, admirent acrobates, charmeurs de serpents, danseurs chleuhs. (Cl. Félix.)
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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Dim 11 Sep - 22:32

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Message  Riotte le Dim 11 Sep - 22:34

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Dim 11 Sep - 22:37



Meknès - Meknès fut la capitale de Moulay Ismaîl, contemporain de Louis XIV, " le sultan qu'affola Versailles". Moulay Ismaïl eut le goût du colossal. Il entoura Meknès de bastions et de murailles, la flanqua de portes monumentales. Les haras du Sultan, au dire des historiens, pou vaient enfermer une cavalerie de 12000 chevaux. (Cl. Flandrin.)
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Le Maroc, fin des années 1920 (10).

Message  Riotte le Lun 12 Sep - 17:42

Les éléments hétérogènes: juifs et nègres.

A ce mélange arabo-berbère, brassé par l'histoire et l'arabisation, sont venus s'agréger d'autres populations d'origines diverses. Les relations du Maroc avec le Soudan ont amené l'infiltration de sang nègre. Les esclaves noirs furent autrefois nombreux, et le métissage très fréquent. Dans les oasis du nord vivent les Harratin, noirs sans doute métissés, mais cantonnés dans les oasis, où ils sont cultivateurs et sédentaires, souvent dominés par les nomades, leurs voisins et leurs maîtres.
Les Juifs représentent un élément plus important, mais moins assimilé encore. Au recensement de 1926, ils étaient 107000. Les plus nombreux habitent les villes, où ils sont parqués et rejetés dans les quartiers spéciaux appelés "mellah". Ils sont surtout commerçants, boutiquiers ou changeurs. Mais dans les villes nouvelles les Juifs sortent de plus en plus des mellahs pour entrer de plain-pied dans la vie européenne. Il y a aussi des Juifs dans les villages et les petits centres de la campagne, jusque dans les plus lointaines vallées du Haut Atlas, où ils sont non seulement commerçants, mais ouvriers et artisans. Les juifs sont venus au Maroc à plusieurs reprises, certains ont reflué d'Espagne, ils étaient déjà en nombre important avant la conquête arabe; peut-être les juifs de l'Atlas sont-ils des Berbères judaïsés?

Les Européens.

L'organisation du Protectorat au Maroc a provoqué la venue et l'installation d'une population européenne qui n'a cessé de s'accroître depuis vingt ans, elle est suffisante déjà pour donner son empreinte au peuplement du pays.
La population européenne du Maroc dépasse en 1926 100000 habitants. Elle est surtout urbaine (85%), et plus de la moitié des Européens se trouvent rassemblés dans les trois centres de Casablanca, qui en groupe pour sa part le tiers, de Rabat et d'Oudjda. Mais ils gagnent les centres ruraux et s'installent dans la campagne avec les colons. Les Français sont, dans cette population d'hommes nouveaux, la majorité: 66000. Ce sont les Français qui tiennent les postes de direction dans l'administration, la colonisation et les affaires. Les étrangers au nombre de 30000, sont surtout des Espagnols (15000) et des Italiens (10000), qui ont été les principaux fournisseurs de la main-d'oeuvre spécialisée pour l'outillage du Maroc moderne.
L'immigration européenne du Maroc est surtout une immigration de cadres, de chefs, de techniciens, de main-d'oeuvre qualifiée. Elle vise à l'association politique et économique avec la population indigène et joue le rôle de ferment actif dans la transformation du pays.

La répartition de la population.

Dans les pays de pénétration récente, le démembrement de la population resta longtemps difficile et incertain. Ce n'est que tardivement que l'on a pu apprécier avec une exactitude approchée l'importance et la répartition de la population au Maroc. Les premières évaluations allaient souvent très au-dessus de la réalité. Le recensement de 1926 nous apporte déjà une précision plus grande.
D'après ce recensement, la population du Maroc Français s'élève à 4200000 habitants environ. Cette population est, comme il convient dans un pays de contrastes, très inégalement répartie. Mettons à part la région presque inhumaine du Sahara marocain, où l'homme se réfugie dans ces lieux de concentration que sont les oasis. Sur un étroit espace, la population atteint alors à une véritable densité urbaine.
Dans le Maroc proprement dit, la population se répartit en trois zones très différentes, correspondant aux grandes zones naturelles que nous avons distinguées.
Dans la région des plateaux et des steppes du Maroc Central, du Haouz, et du Maroc oriental, la population est faible; elle n'atteint pas 5 habitants au kilomètre carré. Il s'agit de régions de production réduite, où le nomadisme prédomine.Une deuxième zone a une densité de population variant entre 5 et 20 au kilomètre carré. C'est la région des montagnes et du Sous; longtemps on a cru, parce qu'elle fournissait des émigrants que cette région, à l'exemple de la Kabylie, était très peuplée. En réalité la population reste faible: les ressources naturelles obligent les hommes à se concentrer dans les vallées qui sont des lieux de villages et donnent l'illusion d'une population très dense. Mais la plus grande partie de la montagne reste improductive, et l'on peut même dire que, dans la situation actuelle, l'Atlas et le Sous sont surpeuplés.La zone privilégiée est la région des plaines atlantiques et des plaines du Sebou. Ici la densité atteint et dépasse 20 au kilomètre carré, parfois même plus de 40, comme dans les Doukkala. Il s'agit d'une densité assez constante, étant données les conditions naturelles et économiques et les modalités du régime agraire. Il y a là, entre la production, la géographie et la population une sorte d'équilibre.

Les migrations.

Toutefois, la population du Maroc n'est pas dans un état de parfaite stabilité. Longtemps les montagnards du Rif, de l'Atlas, les Berbères du Sous ont fourni aux régions de cultures travailleurs et manoeuvres, et aussi, en des époques troublées, aux caïds leurs harkas, aux prétendants leurs partisans. Aujourd'hui, le mouvement continue, amplifié par la transformation économique du pays: Berbères et Chleuhs du Sous et de l'Atlas sont les ouvriers du Maroc nouveau. Bien plus, on assiste à une reprise lente, à une progression certaine des montagnards qui s'installent dans la plaine.
La population du Maroc reste faible, à peine 10 habitants au kilomètre carré. C'est le résultat d'une stagnation économique prolongée, d'un état politique longtemps troublé, de conditions sévères imposées à la vie humaine par le milieu ou la situation sanitaire. Il n'est pas douteux que l'installation du Protectorat ne permette de desserrer l'emprise de cette loi d'airain. Déjà la main d'oeuvre manque de toutes parts, les possibilités de peuplement du Maroc restent grandes. L'exemple de l'Algérie, qui en cinquante ans a doublé sa population, bien que les conditions générales y fussent, très certainement, beaucoup moins favorables, nous est, à cet égard, une sûre garantie.

(à suivre)
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