Le Maroc des années 1920 à 1930

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Le Maroc, fin des années 1920.

Message  Riotte le Lun 12 Sep - 18:29

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Message  Riotte le Lun 12 Sep - 18:46

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Message  Riotte le Lun 12 Sep - 18:55

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Message  Riotte le Lun 12 Sep - 19:11

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Le Maroc, fin des années 1920 (11).

Message  Riotte le Mer 14 Sep - 0:04

Les genres de vie.

Un grand intérêt réside dans l'étude de la vie indigène du Maroc. Elle est très différente suivant les milieux physiques. Et, là encore, nous retrouvons des contrastes d'autant plus forts que les conditions naturelles et l'immobilité sociale du Maroc pendant de longs siècles imposent à la vie humaine une remarquable fidélité aux conditions géographiques et aux coutumes ethniques et historiques dont l'influence réciproque est souvent difficile à dissocier. La connaissance des genres de vie nous fait pénétrer non seulement dans la vie matérielle et économique, mais aussi dans la vie psychologique du Marocain.

Les sédentaires au Maroc.
La grande opposition est, comme en Algérie, celle des sédentaires et des nomades, mais cette opposition n'est pas absolue et comporte des stades et des degrés.
La vie sédentaire répond à la prédominance de la vie agricole, favorisée par la fertilité du sol, la pratique de l'irrigation et le régime de la propriété. On trouve au Maroc trois groupes principaux de sédentaires: dans les montagnes du nord, Rif et Djebala, dans le Haut-Atlas du nord ( c'est le groupe chleuh), dans les plaines atlantiques.

Les montagnards.

Dans l'Atlas, l'horizon de la vie s'arrête à la montagne et à la vallée voisine. Le montagnard est un paysan attaché au sol qu'il construit, à l'eau qu'il dirige. Il est enfermé dans sa vallée. Son activité est surtout agricole, il cultive de petits champs cernés de murs en pierres sèches, bordés de séguias, étagés en terrasses superposées. Pas un pouce de terrain ne semble inutilisé. C'est une oeuvre de patience humaine qui, tous les ans, se renouvelle. Ces champs minuscules, mais qui au milieu de la montagne hostile paraissent de petites oasis, fournissent les céréales (orge et maïs) et quelques légumes. Sur les pentes arrosées et près de la rivière, les arbres les accompagnent: oliviers, caroubiers, amandiers et, jusqu'aux derniers hameaux, les noyers. Lélevage est subordonné et associé à l'agriculture. Tous les soirs, les troupeaux rentrent au village, descendant des versants voisins. Dans les hautes vallées seulement, on mène les moutons vers les pâturages alpestres des hauts, et des cabanes sommaires ou "azibs" abritent les bergers pendant la saison du pâturage. Le paysan chleuh est un villageois, l'unité de peuplement est le village, ou même le hameau, entouré de ses vergers et de ses terrasses cultivées. Parfois, ces villages se groupent, et certaines vallées sont des rues de villages. Presque toujours, le village est haut perché, isolé sur une butte ou adossé au rocher au-dessus de ses champs, au delà de la dernière rigole d'irrigation. Le village ou hameau est comme un bloc, ou mieux un essaim serré de maisons accolées, superposées. Construit en pierres, en moellons ou en pisé, avec les éléments pris sur place, avec ses terrasses largement ouvertes sur la vallée, il semble une sorte de produit naturel du sol, une sorte de ruche spontanée. Les conditions de vie sont sensiblement les mêmes dans le Rif et le Djebala. Les montagnards du nord sont aussi des paysans cultivateurs. Ils habitent dans des maisons souvent bien bâties, adaptées au climat rigoureux. Ces maisons, semblables aux maisons kabyles, sont, fait curieux au Maroc, couvertes d'un toit. Les villages du nord sont plus ou moins dispersés, ils n'ont pas la densité, l'unité architecturale de ceux du Haut-Atlas, ils sont accrochés aux pentes, parfois allongés au fond des vallées ou sont juchés sur les crêtes. Le paysan tire tout le parti possible de son sol, il y cultive les céréales et soigne d'admirables vergers d'oliviers ou d'amandiers au milieu desquels la vigne séculaire mûrit ses raisins.


( à suivre)
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Message  Riotte le Mer 14 Sep - 0:47

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Message  Invité le Mer 14 Sep - 0:49

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Message  Invité le Mer 14 Sep - 0:52

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Message  Invité le Mer 14 Sep - 1:05

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Le Maroc, fin des années 1920 (12).

Message  Invité le Jeu 15 Sep - 17:34

Les sédentaires des plaines.

Dans la région atlantique, les vrais sédentaires se concentrent dans les plaines riches des Chaouïa, des Doukkala et des Abda. C'est ici que la mise en valeur du sol fut poussée le plus loin par l'économie indigène. Les surfaces cultivables étaient plus étendues que partout ailleurs. La région produit surtout des céréales: orge et blé dur. La vie rurale est rythmée par les travaux des saisons. Les indigènes sont parfois propriétaires, souvent les fellahs d'un grand chef indigène. Ce régime les fixe d'avantage encore au sol, les attachant au village qui entoure la maison du maître. Le plus souvent, le paysan habite la nouala, hutte élémentaire en pisé recouverte en chaume. Déjà, à mesure que le pays s'enrichit, apparaissent les maisons en pierres, indiquant une appropriation du sol plus complète.

Les semi-nomades.

Au reste, dans ces régions, la vie sédentaire est d'implantation récente et les traces d'un certain nomadisme augmentent dès qu'on avance vers l'intérieur, que la valeur naturelle des terres diminue et que l'économie pastorale l'emporte sur l'économie agricole. Alors l'homme n'est pas fixé au sol, les terres disponibles dépassent les capacités de mise en valeur: une sorte de roulement s'établit, les douars se déplacent à la recherche des champs non encore épuisés, de pâturages nouveaux. Ces déplacements ne se font pas au hasard, mais dans le domaine de la tribu ou du douar lui-même.
Le régime de la propriété est celui de la propriété collective. Tel est le genre de vie des tribus du Maroc central, de la plaine du Sebou inférieur. Ce fut sans doute, à de rares exceptions près, celui de tout le Maroc des plaines. Ce semi-nomadisme où l'on voit l'habitation réduite à une hutte très simple ou la tente en poils de chèvre, comporte les nuancess variées qui vont graduellement jusqu'au nomadisme complet, qui l'emporte dans les plateaux du Maroc central (Beni-Meskine).

Les pasteurs du Moyen-Atlas.

C'est encore un nomadisme d'un genre très original que pratiquent les Berbères du Moyen-Atlas. Nous retrouvons ici, avec plus d'amplitude dans les migrations, les déplacements saisonniers des montagnards de l'Europe méridionale. C'est la transhumance du Moyen-Atlas si bien étudiée par Célérier. La transhumance est ici le double résultat des variations saisonnières du climat et de l'importance de la vie pastorale. Les Berbères du Moyen-Atlas ne sont pas seulement, mais ils sont avant tout des pasteurs. Suivons leurs mouvements: en été le déplacement se fait en hauteur: bergers et troupeaux, les pâturages une fois libérés des neiges, gagnent lentement les versants et les alpages de la montagne. Dans le village de la vallée, une partie de la famille demeure sur place pour cultiver les céréales et récolter les fruits.
Les migrations d'hiver sont de plus grande amplitude; en octobre, les troupeaux quittent la montagne, on fait les labours, et nouveau départ vers les pâturages d'hiver, dans les hautes plaines du nord et du sud qui se couvrent à ce moment d'une herbe nouvelle. Ces déplacements saisonniers sont fixés dans leur parcours comme des chemins définitifs: ils aboutissent toujours, au retour, au centre montagnard de la tribu, où se trouvent les maisons permanentes, les greniers et le sol cultivé. Ainsi, l'année durant, gens et troupeaux vivent dans une perpétuelle "remue".

Les grands nomades.

Le Haut Atlas franchi, s'étend le domaine des grands nomades chameliers, ce sont les Beni Mguild, qui parcourent les hauts plateaux à l'est de Figuig; les Ouled Djerir et les Doui Menia, qui nomadisent entre le Guir et la Zousfana; les Beraber et les Ida ou Blal, plus à l'ouest. Ici, comme dans toutes les régions désertiques de l'ancien monde, les déplacements sont à grand rayon et les lieux de campement varient avec l'apparition des pâturages. Ce sont des tribus entières qui se déplacent en caravanes, avec leurs grandes tentes, leurs moutons et leurs chameaux. La vallée, où habitent les sédentaires confinés dans les ksours, est le point de ralliement des nomades qui ont leurs cultures, leurs kasbahs et qui souvent y lèvent le tribut. Les grands nomades sont les seigneurs du désert.


Tels sont les types humains du Maroc, depuis les montagnards de l'Atlas et les nomades du Sahara, jusqu'aux entrepreneurs du Maroc moderne. Ce n'est pas le moindre intérêt du Maroc que la présence, côte à côte, de genres de vie si différents. Dans le cadre de sa vie indigène, de ses coutumes, de sa civilisation, le Maroc reste lui-même. C'est un des principaux soucis de la politique française que de le préserver, de le faire évoluer suivant sa nature, en un mot de lui garder son âme.
Mais le Maroc est un creuset; autour du foyer français prend forme un pays nouveau. Les caïds, jadis rebelles, deviennent des chefs loyaux et légitimes. Le paysan sait le prix de son champ. Par ses contrôleurs, ses colons, ses instituteurs, ses médecins, la France fait l'éducation de l'indigène.
Les étrangers eux-mêmes, accourus sur le marché du travail, sentent le prix du nom français.
Ainsi naît un peuple nouveau, composite et varié, mais solidaire dans son destin. C'est dans les villes qu'il révèle dès l'abord sa nouvelle physionomie.


(à suivre)
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Message  Invité le Jeu 15 Sep - 19:21

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Message  Riotte le Jeu 15 Sep - 19:24

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Message  Invité le Jeu 15 Sep - 19:30

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Message  Invité le Jeu 15 Sep - 19:33

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Message  Invité le Jeu 15 Sep - 19:35

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Le Maroc, fin des années 1920 (13).

Message  riotte le Ven 16 Sep - 17:21

LES VILLES DU MAROC.

Le Maroc pays urbain.

L'opposition entre le Maroc des villes et le vieux Maroc des campagnes est un fait essentiel.
Certes, le Maroc a été et reste avant tout un pays rural dont la richesse est surtout agricole et pastorale. Mais, de bonne heure, sa situation géographique, son rôle historique et politique, ses rapports avec les pays étrangers ont favorisé un dévéloppement urbain très remarquable. La population urbaine du Maroc comprend 12% de la population totale; ses villes les plus célèbres: Fès, Marrakech, Rabat, ont une renommée universelle. A cet égard la situation du Maroc est très spéciale en Afrique du Nord; la Tunisie n' que deux villes importantes; l'Algérie, hors Alger, n'avait que des centres purement régionaux, sa croissance urbaine date d'hier. On ne peut comparer la vie urbaine du Maroc qu'à celle de l'Egypte au début du XiXème siècle. L'installation française a naturellement provoqué un nouvel essor des villes marocaines, puisque, contrairement à ce qui s'est passé en Algérie, c'est d'abord sous une forme presque uniquement urbaine qu'elle s'est affirmée.

Les zones urbaines.

La situation des villes au Maroc répond à une permanence d'ordre géographique en même temps qu'elle s'explique par l'histoire et la vie économique. On retrouve ici l'opposition entre le Maroc du nord et le Maroc du sud, l'opposition aussi, mais en même temps l'association entre le Maroc montagnard et le Maroc des plaines qui réclament la ville à leur point de jonction et enfin l'attirance vers l'océan subie par le Maroc et tous ses efforts pour sortir de son isolement. De là trois zones de villes plus ou moins rassemblées ou concurrentes, bâties pour accomplir une fonction du même ordre.
D'abord la région urbaine du nord : c'est la pus dense, elle est sur la grande route des invasions et du commerce, on a longtemps parlé 'un royaume de Fès; elle vit d'elle-même dans un pays riche, peuplé, de grande valeur politique , et tous les courants venant du Rif et du Moyen Atlas y aboutissent; Moulay Idriss, ville sainte d'islam, y regarde les ruines romaines de Volubilis; sur les confins, c'est Taza, Ouezzan et, au centre, capitales rivales, Meknès, trop grande pour son présent, et Fès, née avec le Maroc musulman, vénérable et toujours rajeunie et grandissante.
La zone du sud se réduit presque à Marrakech et à quelques villes, tapies au pied de la montagne: Demnat, ou Taroudant. La vie urbaine est née ici du rapport et du contact nécessaires entre les plaines du sud, qui ont une sorte d'unité naturelle et historique et le monde de l'Atlas et du Sahara.
Sur la côte atlantique et méditerranéenne, une multitude de villes se pressent de Melilla à Agadir. C'est par elles que le Maroc a forcé son isolement pour entrer en contact limité avec l'extérieur. Villes provinciales, petits ports régionaux, souvent concurrentes, elles portent toutes, à quelque degré, suivant les vicissitudes de l'histoire, une empreinte étrangère. C'est l'élan du Maroc moderne qui a fait entre elles la sélection et détaché du lot les métropoles nouvelles: Casablanca et Rabat.
Enfin le Maroc a aussi ses villes des confins terrestres, de relations extérieures, Oudjda vers l'Algérie, Figuig au Sahara; autrefois Sidjilmassa.

Les paysages urbains du Maroc.

Les villes indigènes du Maroc, comme les villes du Moten Age ou les villes du bassin méditerranéen, nous offrent l'aspect d'une architecture originale et de paysages géographiques particulièrement nets. La vision aérienne de l'avion ou de la photographie permet de les embrasser d'un coup d'oeil. Elles sont bloquées comme des citadelles, cernées de murailles, rassemblées en un seul corps. Les plus beaux jardins se cachent dans les plus beaux palais, maisons et terrasses se tassent et s'entassent. Pas d'espaces libres ou presque: les rues ou plutôt les ruelles s'enchevêtrent. L'impression de densité est telle que la ville la plus médiocre est surpeuplée. La circulation intense, pourtant, est difficile et ne se prête guère à la vie moderne. De haut, l'unité semble complète; du dedans, elle disparaît: il faut une méthode pour reconnaître la ville et la distribution entre ses quartiers spéciaux.

( à suivre)
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Message  Riote Jean le Ven 16 Sep - 17:38

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Message  Riotte Jean le Ven 16 Sep - 17:41

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Message  Riotte Jean le Ven 16 Sep - 17:43

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Message  Riote Jean le Ven 16 Sep - 17:45

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Le Maroc, fin des années 1920 (14).

Message  Riotte Jean le Sam 17 Sep - 15:56

Le rôle des villes indigènes.

Car la ville marocaine est sans nul doute un organisme complet, fermé et replié, qui ne se prolonge guère en faubourgs comme nos villes modernes, ouvertes à tous les courants, en perpétuelle croissance; une ligne de jardins est sa seule banlieue. Les villes indigènes, à des degrés divers et plus ou moins accentués, remplissent les fonctions urbaines: politique, religieuse, commerciale, industrielle. Ici, les tolbas et les marabouts, les gens du Maghzen et les classes dirigeantes; là, la bourgeoisie d'affaires, propriétaires et marchands; enfin les boutiquiers du Souk et du Mellah, les artisans et les gens de métier. A côté du rôle politique qui l'emporte dans les seules villes capitales, c'est le rôle économique qui est au premier plan dans la plupart des villes marocaines, qui sont d'abord des marchés et des centres industriels. Les souks, place centrale en plein vent, ou quartiers aménagés, sont les lieux les plus animés de la ville, le point de ralliement des gens venus de tout le voisinage. La vie industrielle est surtout localisée dans les villes qui concentrent les corporations, les techniques, les métiers d'art. L'industrie est ici une industrie d'artisan, souvent de qualité, voire de luxe, immobilisée dans des formes techniques et artistiques traditionnelles. De là, la célébrité, la spécialisation des industries urbaines au Maroc: cuivres de Marrakech, tapis de Rabat, cuirs, poteries et broderies de Fès. Ainsi, dans leurs aspects de leur vie quotidienne, les villes du Maroc gardent les traits originaux de la civilisation indigène.

Les villes nouvelles et l'urbanisme.

C'est un des mérites essentiels du Protectorat et du maréchal Lyautey - instruits l'un et l'autre, il faut le dire, par l'expérience acquise dans nos autres colonies du Maghreb - que d'avoir conservé aux villes leur physionomie personnelle et historique. Ni Fès avec ses Médersas, ni Marrakech avec sa Koutoubia, ni Rabat avec sa Kasbah des Oudaïas n'ont été submergées, décapitées par la vie moderne. Pourtant, il fallait au Maroc nouveau un organisme urbain particulier, adapté aux exigences de l'habitation, de la circulation européennes. Ces créations urbaines ne pouvaient se développer que dans le voisinage immédiat du milieu indigène, puisque notre action au Maroc est essentiellement une collaboration politique et économique avec l'indigène. De là, la conception des villes jumelles, accolées mais séparées, associées et pourtant distinctes. Cette conception n'a pas seulement une grande valeur propre, son exécution a mis le Maroc au rang des pays où l'urbanisme moderne est le plus développé. Les villes nouvelles du Maroc, Rabat surtout, Casablanca en partie, Meknès ou Fès, sont à cet égardde remarquables exemples. Une architecture moderne, inspirée mais non imposée par le milieu; la volonté de donner à la ville une sorte d'unité personnelle; l'importance des jardins, des arbres et des espaces libres; la présence de tout l'appareil nécessaire à la circulation moderne; le souci de la mise enplace, de la distribution géographique des quartiers, tels sont les traits des villes nouvelles. Si différentes qu'elles soient, villes indigènes et villes modernes ne sont pas en opposition, mais en harmonie. Aussi bienle caractère de cette association varie-t-il avec chacune d'elles.

Casablanca.

Casablanca est la métropole du Maroc nouveau. La première cellule de la ville, l'ancienne Dar Beida, n'est plus qu'un îlot perdu dans la cité nouvelle, qui de toutes parts l'environne et le déborde. Dans toute la force du terme, Casablanca est une ville neuve, construite en vingt ans, "à l'américaine", disent ses administrateurs. Et pour faire face à l'avenir qu'elle veut se donner, elle reste en perpétuel chantier. A Casablanca, lélément européen domine et commande la vie économique du pays; l'élément indigène est subordonné et fait d'immigrés de l'intérieur. Juifs, Berbères ou Arabes sont accourus sur ce marché du travail et des affaires. Cette cité de plus de 105000 habitants est le principal centre européen du Maroc, puisqu'il renferme près de 40000 européens, soit 40%. C'est, a-t-on pu dire avec quelque exagération, une sorte de Carthage moderne en formation. Ville "d'hommes d'affaires" à la fois hardis et tenaces, ville d'initiative et d'action, qui étend son arrière-pays sur presque tout le Maroc du centre et du sud, dotée d'un port qui est une victoire sur l'Océan, cité industrielle, Casablanca est le premier foyer du Maroc moderne.

( à suivre)
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