Meknès, Au Roi de la Bière
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re: Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

Message  Lucien Calatayud Lun 3 Sep - 12:00

Bonjour tout le monde



A l'heure où il est question de cours de civisme j'ai cru opportun de raconter le petite histoire suivante:

La guerre en était à sa deuxième année.
Nos forces militaires s’épuisaient sur les différents fronts. Mais tout le monde continuait d’y croire.
« Rien n’est encore perdu » nous disait-on.
Comment ne pas partager cet optimisme
D’où l’extrait d’un chapitre titré
"Du haut de mes dix ans"
sous titré

« Maréchal nous voilà »


Qui plus que moi aurait pu adhérer à de tels propos? J’avais vu et observé de mes yeux grands ouverts l’un des derniers convois militaires qui s’en allait au combat. Le régiment qui passait à pied par là, non loin de la ferme, s’étirait sur plus d’un kilomètre tout le long de la route qui menait à la ville. Chaussés certes de simples sandales à semelles de caoutchouc et flanqué d’un mulet chargé de son lourd barda, chaque homme avançait au pas libre et tranquille d’une promenade de détente. Une bien étrange nonchalance qui bien évidemment distinguait singulièrement cette troupe des autres formations militaires. Il se lisait pourtant dans les regards un total mépris des dangers, peut être même un certain empressement à se trouver au plus vite plongée corps et âme dans une atmosphère autrement moins sereine que la paisible marche qui la conduisait vers la ville. Je la soupçonnais même de ne rêver que d’assauts avec tout ce que cela supposait de bruits de canons, de crépitements de mitrailleuses, d’odeurs de poudres et de crapahutages dans une absolue abnégation. Il me semblait même percevoir des cris triomphants.

A n’en rien douter, ce régiment disposait d’une maîtrise peu habituelle des règles de combat. Force même était de plaindre ceux qui allaient se heurter à une telle dose d’intrépidité.

Bien plus qu’il n’en aurai fallu en tout cas pour fixer dans mon esprit la ferme conviction que cette maudite guerre ne pourrait s’éterniser au delà du choc frontal décisif qui avait dû longuement se mijoter quelque part dans les états-majors.

Notre instituteur lui-même, un homme pétri de patriotisme ne s’était-il pas fait de son côté le devoir de nous transmettre toute la confiance qu’il plaçait en notre puissance guerrière?

Dieu sait qu’il en possédait la manière et la force persuasive. Ses paroles avaient toutes les résonances de clairons de victoire et les « R » de son accent bourguignon vibraient comme autant de roulements de tambours. C’était à ravir toute la classe, à lui faire oublier les dernières brutalités que ce même homme s’était permis d’exercer l’heure précédente sur l’un ou l’autre des élèves. Des écart de conduite assez coutumier, lui-même n’ayant jamais été confronté à une quelconque désapprobation de parents.

Qu’importait ce travers, en ces moments de parfaite détente, bras croisés sur nos tables, jamais tant attentifs, sourires béats aux lèvres, nous buvions chacune de ses phrases avec un même constant ravissement, voyant déjà se profiler l’éblouissante victoire qui, indéniablement, allait marquer notre époque. Un triomphe tout à l’honneur d’une génération ! La nôtre, il allait sans dire.

Un matin même, prolongeant plus qu’à l’ordinaire la leçon quotidienne de civisme, voilà que le maître suggère à la classe de s’associer à une œuvre qu’il qualifia alors « de mouvement d’ampleur nationale ». Tels furent en tous cas les mots qui incitèrent la classe à redoubler d’attention.

Empruntant pour la circonstance un ton on ne saurait plus solennel, notre enseignant tint à peu près ce discours :

« Ecoutez moi bien les enfants ! En ces temps difficiles, notre Mère Patrie, la France, souhaiterait que chacun de ses concitoyens, petits où grands, adhère avec une même spontanéité à l’acte de générosité nationale qu’elle se propose de lancer. Sachant combien cela apportera de réconfort à nos soldats l’on peut d’ores et déjà s’attendre à un très vif et massif succès. Certes, tint-il encore à préciser ; aux yeux de bien des gens de notre entourage, l’action pourra ne revêtir qu’un caractère tout à fait symbolique si ce n’est aléatoire. D’aucuns prétendront même qu’elle s’avèrera d’une efficacité quelque peu contestable. Mais ne dit-on pas que les petits ruisseaux font de grandes rivières ! Alors les enfants, accordons toute notre confiance à nos hauts dirigeants et acceptons de grand cœur de nous joindre à ce noble mouvement »

Tout en tenant ce surprenant discours l’instituteur continuait de déballer, non sans un luxe de précautions un mystérieux colis livré le matin même par le facteur. L’opération de déballage se faisait insupportable tant la curiosité nous démangeait de découvrir ce qu’il en était. On aurait cru que le maudit paquet cartonné ne contenait que du vulgaire papier ; des tonnes de papier. Le maître n’en finissait pas de retirer de ce maudit journal froissé qui s’amassait sur l’estrade. Jusqu’à l’instant où, ravi de pouvoir enfin provoquer la surprise, il exposa non sans un personnel ravissement à nos yeux soudainement éblouis ce à quoi aucun de nous ne pouvait s’attendre : Une magnifique faïence ! Et quelle faïence ! Une assiette décorée à l’effigie du plus illustre des maréchaux de notre siècle : celle du grand vainqueur de Verdun. Celui qui, sans nulle conteste allait conduire la patrie vers une nouvelle brillante et décisive victoire. Une victoire assurément toute aussi glorieuse que l’avait été la précédente, celle que lui-même avait conduite.

Ainsi investis certes pour une bien modeste part, dans l’imminent triomphe du fait même du soutien moral de nos soldats, chacun des acquéreurs allait donc pouvoir dans un très proche avenir se sentir en droit de se prévaloir d’une mince portion de gloire. Si infime puisse-t-elle paraître aux yeux d’un combattant de retour d’un enfer de guerre, elle n’en acquerrait pas moins une certaine noblesse.

Un véritable petit chef d’œuvre que l’exemplaire qui se mit aussitôt à circuler de mains en mains et dont il était bien difficile de se dessaisir.

Ciel, quelle prestance ! Et quelle tranquille autorité !

Il se dégageait de ces traits paisibles cette farouche détermination qui distingue l’être supérieur, capable en de tels temps d’incertitudes de rallier sous une seule et même bannière tout un peuple désemparé sombré dans un profond désarroi.

Pour ma part, je ne parvenais plus à détacher mes yeux des flamboyantes dorures qui ornaient si noblement le képi. Un képi qui sans conteste ajoutait à la dignité et à la placidité du visage si naturellement empreint de sagesse. Je savourais tant ce délicieux instant que, sourd au soupirs d’impatience de mes camarades, je ne parvenait pas à me défaire de la faïence. Un vrai petit trésor qui me collait tant aux mains que j’avais toutes les peines à le faire suivre au voisin.

L’épaisse moustache blanche ajoutait ce quelque chose d’expressif et de tellement impressionnant. Et que dire de ce regard réfléchi qui paraissait ne plus s’adresser qu’à moi ?

Quel autre illustre personnage de notre époque aurait pu, plus que ce grand homme, prétendre de manière aussi méritoire au noble titre de « Sauveur de la Patrie »?

En bref, un symbole rayonnant qui prit une si soudaine place dans le coeur de l’ensemble des élèves que dans un même décisif élan toutes les tirelires volèrent le midi même en éclats avec pour premier objectif, inavoué il est vrai, de voir ce grand héros pénétrer dans l’intimité de chacun des foyers.



(L’histoire ne s’arrête bien évidemment pas là. Tout le monde se doute bien que la suite est moins glorieuse.)
Lucien Calatayud
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re: Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

Message  Admin Lun 3 Sep - 17:49

LUCIEN,
Je n'ai pas connu l'école du bled mais j'imagine qu'il devait y avoir une atmosphère particulière ou plus familière dans ces lieux que dans les écoles de la ville. Né juste avant la guerre (janvier), j'ai reçu ma première instruction civique en maternelle, dès l'âge de 6 ans. Certains copains du Q.I. s'en souviennent. On nous avait appris la "Marseillaise" que l'on chantait dans la cour de la grande école, sur l'ordre du directeur, Mr Manachère, qui montait les couleurs pendant le chant. Il y avait quelque chose de très émouvant.

C'est bien plus tard, au CM2, avec Mr Le Boutet, que j'ai entendu parler du Maréchal. Vainqueur de Verdun, emblême de la patrie en tant que chef de l'Etat, "Travail, Famille, Patrie, puis frappé d'indignité nationale et de collaborateur avec l'ennemi. Un parcours atypique, de la lumière à l'ombre.

J'ai bien aimé la présentation que tu en as décrite.


Dernière édition par Admin le Lun 3 Sep - 19:10, édité 1 fois

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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Chemin de l'Olivade

Message  MOLL Serge Lun 3 Sep - 18:16

René Hermitte a écrit:Bonjour à tous
Serge, je t'ai râté de quelques minutes ce matin... A vendredi ... sur le GPS tu tapes " chemin de l'Olivade de Pierrascas " à La Valette du Var et non point mon adresse postale auquel cas tu risquerai de te retrouver à "Dache "... Very Happy

Yes René,c'est bien noté!!!!
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re: Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

Message  MOLL Serge Lun 3 Sep - 19:01

Lucien

Merci pour ce merveilleux récit qui me rappelle mon enfance,j'habitais près de la Place d'Armes où se déroulaient cérémonies militaires,suivies de défilés,fanfare et mascotte(souvent un mouton) en tête. Le Maréchal,(je suis avide de notre Histoire, glorieuse ou pas) tant décrié par les uns et honoré par d'autres et ce n'est qu'en lisant les livres des deux tendances que l'on forge sa prope opinion et pas celle qu'on a voulu nous inculquer.
Bien amicalement
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re: Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

Message  MOLL Serge Lun 3 Sep - 19:14

André

Et comment que je me souviens de ces levées des couleurs,toutes les classes de l'école,au bas de l'escalier menant au préau,les élèves bien alignés,chantant la Marseillaise quand le drapeau était hissé par Monsieur Manacher.Puisqu'il est question de souvenirs,te rappelles-tu,toujours au bas de ce même escalier,la distribution de l'huile de foie de morue? J'en avais une peur bleue que l'on m'en donne,vu ma frêle silhouette. Je suis toujours passé au travers,aucune goutte de cette huile n' est entrée dans ma bouche. Je revois de temps à autre ces images,au bas de l'escalier.
Amicalement
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty L'HUILE DE FOIE DE MORUE .....

Message  Yvon Garcia Lun 3 Sep - 21:52

SALUT SERGE - Bonjour à toutes et à tous.

D'abord...! Ne dites pas, " C'est pas vrai ...! il est vivant ..! " Ben Oui ! c'est la rentrée..! les vacances sont finies... enfin j'ai de bonnes raisons comme je l'ai expliqué à André en le priant de bien vouloir m'excuser et de le faire auprès de vous tous.
Serge je ne pouvais pas te laisser seul parler d'huile de foie de morue, je m'en souviens Hummmm...! Plutôt BERRKK...On nous faisait boire aussi du lait.
Lors de la montée des couleurs, personne ne sifflait la Marseillaise à cette époque et tant que j'y suis, te souviens-tu que nous avions chanté " Halte là !..X 3 fois} les Marmitons etc " d'abord, sous le préau avec chacun notre casserole pour nos répétitions et en grande tenue avec nos toques de cuisiniers pour la grande finale à la Salle des " Services Municipaux ".
Enfin les souvenirs sont toujours plus ou moins présents et nous transportent bien loin. C'est la vie.
Je serai encore pris pendant quelques temps par mes occupations, mais tout va bien dans l'ensemble.

Amitiés yvon
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Message  Ghislaine Jousse-Veale Lun 3 Sep - 22:13

Bonjour - Yvon - Et oui c'est la rentree et meme la tienne... un plaisir de te voir sur le site. Je ne me rappelle pas d'avoir pris de l'huile de foie de morue comme toi, mais c'est possible. Et oui personne ne sifflait non plus la Marseillaise ...Bonne soiree.
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re: Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

Message  Admin Lun 3 Sep - 23:02

Salut le potes...

Mais bien sûr, l'huile de foie de morue... Beueueurk... , accompagnée d'un petit verre de lait...
J'ai failli faire partie de la troupe...: "halte là...les montagnards sont là..." puisque j'ai participé aux répétitions... Je ne plus pour qu'elle raison, je n'ai pas continué le voyage jusqu'au Municipaux...


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Message  Ghislaine Jousse-Veale Lun 3 Sep - 23:51

Bonjour Lucien et j'ai beaucoup apprecie ton recit "du Haut de mes Dix ans". Etant un peu plus jeune que toi je n'ai pas connu tout ca et grace avec ta facilite d'ecrire un excellent francais nous pouvons apprecier cette epoque de ta vie et celle bien sur d'autres de nos amis dans les ecoles a cette epoque - Rene - "Spybot" je m'en sers de temps en temps et ca aide beaucoup.
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Message  MOLL Serge Mar 4 Sep - 0:34

SALUT YVON
Quel plaisir de te lire. Tout ça est bien loin et si près à la fois. J'ai des flash qui me reviennent de temps en temps.Effectivement je me rappelle de : Halte-là les marmitons.2 ans plus tard,à Fès,école de l'Agdal,je remettais ça mais cette fois-ci,c'était :Halte-là....les montagnards sont là. Nous avions même enregistré un disque vinyle.... 78 tours,et aussi les Rois Mages, cette fois pas de disque. Va chanter cette chanson maintenant dans une école laïque,tu me donneras des nouvelles!!!!
Bises à Magy et à toi bien sûr,grand frère.
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Message  Lucien Calatayud Mar 4 Sep - 10:38

Salut tout le monde



Les amies (is)Il me faut vous dire combien je suis étonné. Pourquoi donc attendre un récit tel que celui du "Maréchal nous voilà" pour voir plusieurs d'entre vous s'épancher à leur tour et si bien faire rejaillir tout un tas de souvenirs qui ne demandaient qu'à s'échapper de leurs gangues et s'extérioriser. Nous remémorer ce qui se passait quelques décénies en arrière, cela fait pourtant tellement de bien au moral? Alors pourquoi attendre que ce soit un autre qui lance la discussion. C'est toujours avec l'espoir de voir tout le monde replonger dans ce passé qui nous lie et faire ainsi démarrer ou redémarrer un site que pour ma part je place de temps à autre un texte ici ou là. Ca ne mord malheureusement qu'une fois sur deux pour rester large. C'est toujours ça! comme on dit losqu'on se contente de peu.
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Message  René Hermitte Mar 4 Sep - 12:04

Bonjour à tous et toutes, Yvon cela m'a fait plaisir de te lire et de voir que tout va bien.

Donc nous revenons à Pétain le vainqueur de Verdun puis l'homme qui dirigea la France en 40 pendant l'invasion soudaine de notre territoire et ce qu'il advint après avec De Gaulle...
De Gaulle de la résistance oui..oui.. De Gaulle de l'Algérie française, je serai plus circonspect...
Mais on ne parle pas du tout de Pétain au Maroc, ce que nous constations dernièrement avec André...
Pétain en 1925 pendant la guerre du Rif après la défaite espagnole de HANOUAL ( 10 000 soldats espagnols tués ). L'armée espagnole battue du temps du résident général FRANCO. L'Espagne demande le concours de la France et c'est PETAIN chef des armées au Maroc qui entre en scène avec les bombardements que l'on connaît qui s'achèvent par la rédition du chef rebelle rifain ABELKRIM. Ce dernier avait créé la République indépendante du Rif allant même jusqu'à battre monnaie. Le sultan du Maroc craignant pour son trône bien content de l'intervention française... Tout ça c'est Pétain... Plus tard après la guerre du Rif, Pétain est ambassadeur de France en Espagne et FRANCO n'a pas l'attitude qu'il faut vis à vis de l'homme qui a sauvé la situation dans le RIF allant même jusqu'à le snober le faisant attendre et attendre avant des entrevues officielles quand Pétain était à Madrid.. ( Fais du bien à Bertrand, il te le rend en cag...) Sur un autre site j'avais fait un topo avec moultes photos dont certaines avec Pétain battant la campagne marocaine pendant les combats...
Mais ça c'était avant...
Sur le monument d'une ville voisine du Var (La Farlède pour ne pas la nommer) la liste des Maréchaux de France y figure... le Maréchal Juin d'Algérie est présent parmi d'autres mais ni Pétain ni Lyautey le Marocain ne sont là... Il est vrai que nous sommes ici à la Farlède dans le midi rouge, ceci explique cela...
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re: Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2

Message  Admin Mar 4 Sep - 12:10

LUCIEN,

Quelque soit le sujet ouvert, si différent soit-il, il faut toujours un premier pour ouvrir les débats...Tu es de ceux là et c'est pour cette raison que tu es irremplaçable parmi nous, au même titre que plusieurs d'entre nous...

Tu écris...: "Alors pourquoi attendre que ce soit un autre qui lance la discussion"...?
Cet autre, aujourd'hui, c'est toi... Demain, cela sera un autre, différent. L'important, c'est qu'il y ait toujours un quelqu'un...

Tu écris encore...: "C'est toujours avec l'espoir de voir tout le monde replonger dans ce passé qui nous lie et faire ainsi démarrer ou redémarrer un site que pour ma part je place de temps à autre un texte ici ou là".
Eeeh, LUCIEN, tu es un élément fédérateur...Tout le monde te suit... logique, non...??? Et il faut rajouter que tu as une imagination débordante...Et c'est pour cette raison que tout le monde t'estime...

Pour terminer, tu écris...: "Ca ne mord malheureusement qu'une fois sur deux pour rester large. C'est toujours ça! comme on dit lorsqu'on se contente de peu."

CHRISTIANE a annoncé il y a quelques jours qu'elle était la 20.000ème personne à poster un message sur notre site. Il faut savoir aussi, que si l'on calculait toutes les visites en cumulé depuis l'ouverture, nous frisons les 200.000 visiteurs...Tout ça en en moins de 2 ans... Cela fait toujours plaisir d'en déduire que des inconnus (bien connus) enrichissent leurs connaissances sur leur enfance ( c'est un paradoxe) grâce à notre travail collectif. Tu vois que tu n'es pas tout seul, bonhomme...!!

L'important, c'est que l'on soit là, même si on a l'impression que nous sommes en comité restreint. Ce n'est pas tout à fait vrai... Il y a du monde qui "louche" subrepticement dans toutes nos rubriques... On a les noms....!!! Allez , je plaisante...Chacun fait et voit selon sa manière. Mais c'est sûr que c'est du gâchis quelque part...

A te relire le plus longtemps possible, ainsi que tous ceux qui participent avec brio à notre entreprise...


Dernière édition par Admin le Jeu 7 Fév - 7:24, édité 2 fois

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Message  Admin Mar 4 Sep - 14:22

Salut TOUT le MONDE...
LUCIEN,
Je rebondis sur ce qu'a écrit RENé... On en a parlé au phone tous les deux...
Par curiosité, j'ai fait le tour de la biographie du Maréchal sur internet pour essayer de m'expliquer certains propos de mon père, lorsqu'à table, il poursuivait son monologue sur l'histoire du vainqueur de Verdun...

Il en voulait au "grand Général" que l'on connait, d'avoir pointé un révolver dans le dos du Maréchal, à la fin de la guerre. Il trouvait cela déshonorant vis à vis d'un ancien "grand" de la France, même s'il lui reprochait beaucoup de travers au code d'honneur militaire.
Avec le temps, j'ai compris que c'était une espèce de métaphore pour signifier l'action du "grand Général" à l'égard du Maréchal, en l'écartant de tout honneur à la fin des hostilités. Quant on connaît toutes pages de l'histoire de France, cela fait réfléchir...

Pour en revenir à notre école, je me souviens à peu près du caractère intransigeant de Mr Manachère. C'était, maintenant que je peux le juger (sans prétention de ma part), un Monsieur très "bleu, blanc, rouge". Ce dont je ne me souviens plus, c'est l'ordre de passage des 2 premiers directeurs d'école du Q.I.
J'entends Mrs Le Bris (ou Bris), puis Manachère, l'avant dernier étant Le Boutet et Jarnaud, après 1951.. Ensuite..., je n'ai pas connu.
Ce dont je sais ou entendu, c'est que l'on ne riait pas très souvent avec eux...J'en sais quelque chose avec Mr Le Boutet.

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Message  Lucien Calatayud Mar 4 Sep - 15:58

JIMMY

Sais-tu que Pétain était le parrain du fils de de Gaulle. C'est peut être pour cette raison qu'il l'a gracié.
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Message  Lucien Calatayud Mar 4 Sep - 16:06

Salut tout le monde

Puisque nous voilà plongés dans la dernière guerre, je vous propose un second fragment de mon histoire intitulée « Maréchal nous voilà ». Rassurez-vous, il sera le dernier que je posterai sur le sujet. Complétant la première partie il devrait intéresser ceux qui n’ont pas ou très mal connu cette période. Peut être même y trouvera-t-on matière à soulever quelques polémiques.


Nouvel extrait de « Maréchal nous voilà » :


Plus personne ne faisait confiance à personne. La délation devenait même monnaie courante. Plus question d’exprimer librement des idées en trop nettes contradictions avec celles les plus couramment répandues et les plus généralement admises, celles liées par principe au pétainisme. C’était encourir le risque de se voir reléguer dans la horde des infâmes dissidents, des traîtres, réfractaires au régime vichyssois en place.

Et tandis que les lancinants appels de plus en plus chevrotants d’un maréchal que l’on devinait usé, à bout de course, épuisant ses dernières forces à ressasser les mêmes infinies promesses « de jours meilleurs, bâtis avant tout sur une pleine obéissance des directives gouvernementales , des orientations mûrement réfléchies et très soigneusement élaborées» ou quelque chose d’approchant, voilà que d’autres accents, éraillés et traînants ceux-là, qui n’en finissaient plus d’étirer chaque mots comme pour en mieux imprégner les cerveaux, se mettent à leurs tours à percer les ondes. Ces récents accents enjoignaient tout patriote, où qu’il se trouve et quelle que soit sa condition ou son âge, à rejeter toutes législations décrétées par une autorité pleinement soumise aux dictats d’occupants. Cette nouvelle voix invitaient de plus le patriote à rallier certaines forces secrètes, dissidentes certes mais combien prometteuses d’héroïsmes et par là même, de victoire finale.

Loin de faire l’unanimité, d’adoucir les difficultés et les peines, moins encore de faire taire les animosités, ces appels ne contribuèrent tout au contraire qu’à radicaliser davantage les tensions:

« Ce n’est qu’un félon, un déserteur clamaient ceux qui accusaient un certain général de Gaulle d’avoir abandonné le combat.

- Il est de la race des héros! Qui donc si ce n’est cet homme peut détenir la clé d’une possible victoire ! » S’insurgeaient tout aussi vertement d’autres.

Tout le monde bien sûr avait connaissance de l’existence de ces soldats dits « de l’ombre ». Tout le monde aussi savait que ce n’était là qu’une armée continuée de seuls partisans francs tireurs tapis dans des maquis. Force est cependant d’admettre que cette clandestinité n’inspirait le plus souvent que défiance. Conduits souvent à n’agir que par surprises, que par embuscades, ces maquisards (c’était ainsi qu’on les désignait) soulevaient autant de condamnations qu’ils ne suscitaient d’approbations. Pour les uns chaque action de ces francs-tireurs ne relevait que du seul désir de se faire valoir, peut être même d’éprouver leurs seules capacités d’héroïsme. Des procédés largement condamnables dès lors qu’ils conduisaient à de sanglantes représailles tout aussi inhumains. Pour d’autres, bien au contraire toutes les opérations menées ne pouvaient être guidées que par pur patriotisme et dans la plus totale abnégation de sa personne.

Qu’importait ces divergences d’appréciations, chez les maquisards on se devait de ne reculer devant aucun péril. Dès lors qu’il s’agissait de faire barrage à un quelconque mouvement des armées occupantes le devoir commandait de ne ménager ni la manière ni les conséquences. Sabotages, destructions d’ouvrages d’art routiers et ferroviaires, élimination sommaires d’individus accusés de collaborationnisme ou de simple traîtrise, règlements de comptes personnels hélas parfois, autant d'actions qui ne s’inscrivait plus que dans les rubriques de faits divers, entraînant malheureusement tout autant d’opérations répressives. Prises d’otages, jugements sommaires, déportations, exécutions et combien d’autres exactions toutes aussi arbitraires avec ce qui en découlait de flots de larmes, d’accroissement de haines et de vindictes. En même temps que, diffusées du plus loin, des paroles d’espoir et d’incitation à la résistance ne désarmaient pas :

« Nous n’avons perdu qu’une bataille mais non la guerre » clamaient-on sur des ondes presque inaudibles, troublées qu’elle étaient par quelques savants systèmes de brouillages.

C’était à y perdre chaque jour un peu plus son latin. En pareil imbroglio bien malin qui aurait pu départager le vrai du faux, le bon du mauvais, le réel de la manoeuvre de propagande ou de « l’intox » comme il se disait?

A la maison, nos parents devaient bien se faire une idée de tous ces évènements mais ils n’en parlaient plus qu’entre eux. Sans doute préservaient-ils le foyer de risques d’indiscrétions comme il arrive aux enfants d’en commettre. Une chose est sûre, leur belle certitude de victoire paraissait en avoir pris un bon coup dans l’aile, selon l’expression.

Quant à nous, en parfaits patriotes plus que jamais résolus à le faire savoir, mon frère, ma soeur et moi-même continuions de manifester à notre façon l’indéfectible attachement qui nous liait à l’homme au képi d’or. Le seul qui, de par sa prestance et son glorieux passé avait acquis notre absolue confiance

Chose surprenante cependant, nous ne découvrions plus chez notre instituteur les mêmes exaltations des tous débuts du conflit. Sans raisons avouées, ses élans d’hier, les nobles sentiments de patriotisme qu’il avait si bien su nous insuffler, paraissaient s’être même considérablement émoussés.

Qu’importe, cette attitude, nous mettions un point d’honneur à faire connaître à tous ceux que nous croisions, que nous-mêmes étions faits d’un autre bois que la plupart de nos aînés à l’esprit par trop versatile. Aussi est-ce avec le même parfait enthousiasme que nous entonnions ce merveilleux chant qui avait si souvent fait vibrer les murs de la classe. Il fallait nous entendre pousser, que dis-je, hurler à tue-tête et dans un impeccable ensemble : « Maréchal, nous voilà …Tu nous as redonné l’espérance…! » Nous y mettions une telle conviction qu’aucun de nous n’était loin de croire qu’il n’aurait eu qu’à forcer un peu plus sur ses cordes vocales pour stopper net l’assaut de toute une section d’infanterie ennemie. Les notes poussées à pleins poumons à la gloire de l’homme qui trônait toujours en bonne place à la maison secouait si fortement l’atmosphère, qu’affolés, les troupeaux occupés à paître l’herbe aux abords de la chaussée détalaient ventre à terre sans ne rien chercher à connaître de l’origine d’un pareil tapage.

Tous trois traversions le hameau d’un même pas cadencé, tête haute, cartable au dos, en vrais petits soldats harnachés. Au grand étonnement il faut bien dire des rares clients qui conversaient devant la porte du seul commerce existant. Tous en suspendaient leur entretien, se demandant quelle mouche pouvait bien nous piquer si tôt le matin.

Tout au long du trajet qui nous menait de la ferme à l’école, nos pauvres gosiers étaient mis à si rude épreuve que nous franchissions l’entrée de la cour, plus ou moins pris d’enrouements quand ce n’était de complète extinction de voix.

Saisis d’entrain à leurs tours par nos bruyantes démonstrations patriotes, les camarades se joignaient aussitôt à nous. Mettant leurs pas au rythme des nôtres, tous en coeur entonnions le même refrain. Et tout se finissait par de grands éclats de rire et de belles bousculades.

Une étrange et fort désagréable surprise devait toutefois nous attendre.

Alors que, fidèle à notre habitude, scandant l’éternel chant nous nous dirigions tout droit vers l’école, c’est l’instituteur en personne qui, s’étant ce matin là précipité à notre rencontre nous empoigne et nous secoue l’un après l’autre. Furibond autant qu’empêtré dans ses mots, continuant néanmoins de nous malmener, il nous hurlait très fort au visage:

« Mais bande de petits crétins! Quand donc cesserez-vous cette mascarade ridicule autant qu’imbécile? Personne dans votre milieu n’a encore compris que tout cela est fini, bien fini? Personne chez vous ne lit jamais la presse ou n’écoute le « poste » ? C’est de la pure inconscience ! On ne chante plus ce genre de chose! Cherchez-vous vraiment à vous attirer et à nous attirer des ennuis? »

Décidément, le climat n’était plus du tout celui auquel ce même homme nous avait acclimaté. Nous étions loin du temps où, affichant toutes les apparences d’un curé battant la mesure devant sa chorale paroissiale, les paupières mi close, il s’appliquait à nous instiller le plus gros de son inspiration.

A peine avions-nous franchi le portail que le maître précipite de façon assez inhabituelle l’entrée dans la classe. Nous ayant aussitôt fait asseoir et ayant refermé la porte non sans s’être avisé qu’aucun visiteur indiscret ne rodait alentours, il rejoint en hâte son bureau. Et c’est alors qu’il entreprit de tenir le plus long discours qui lui aura probablement été donné de faire durant toute une carrière :

« Les enfants! -le ton uniforme dénotait déjà d’un certain embarras- nous sommes arrivés … voyez-vous… à un tournant de l’histoire où il nous faut nous apprêter à tourner une page, et surtout apprendre à nous taire, à observer, à réfléchir, à laisser les affaires de l’état reprendre forme. Parce que… voyez-vous… bien malin qui à cette heure peut affirmer que tout est parfaitement en place … En d’autres mots, il nous faut attendre et laisser se démêler le sac d’embrouilles dans lequel personne actuellement n’est en mesure de se retrouver. A l’instant même où je vous parle, notre Mère Patrie semble elle-même se chercher. Hésitante, elle ne sait encore qui de l’une ou de l’autre des personnalités les plus en vue doit être en charge de remettre la grande machine France sur de bons rails. Comment dans ces conditions nous, simples citoyens, pourrions-nous le savoir ? Il nous appartient par conséquent de faire preuve de patience, de laisser tout cela se décanter. Demain… plus tard… nous saurons de quel côté se situent les vérités.

Ah ! Une chose encore, les enfants! Les effigies et autres emblèmes célébrés un temps, n’ont en vérité pour seul objet que d’entretenir le culte d’une personnalité pour une durée donnée. Elles ne revêtent en somme qu’une valeur tout à fait symbolique qui ne peut prétendre survivre à la disgrâce du personnage, si glorifié ait-il pu être en son temps. Parfois même ces symboles ne subsistent que l’espace d’une seule raison d’espérer. Ainsi aujourd’hui, il semble bien plus d’actualité de manifester son allégeance à un certain général : Le général Charles de Gaulle. C’est, prétend-on, le nouvel homme de la situation. Mais sommes-nous tout à fait sûrs de cela ? Chacun comprendra donc qu’il n’est plus du tout recommandé de laisser traîner à la vue de tous, les faïences à l’effigie du « vieillard ». Mieux vaudrait qu’elles se fassent discrètes, le plus discrètes possible. Glissez-en donc un mot à vos parents. Ils comprendront sans besoins de plus d’explications. Mais, de grâce, de la discrétion les enfants… oui, c’est bien cela, de la discrétion ».

De ce discours des plus inattendu nous apparaissait soudain toute l’ambiguïté dans laquelle notre société évoluait ? Ainsi, le bon citoyen d’hier, fervent partisan du Maréchal avaient toutes chance de se trouver subitement montré du doigt, voir accusé de traîtrise, quand les renégats de naguère allaient tout au contraire se sentir renaître et célébrer pour avoir épousé une idéologie hier encore remisée au ban de la société.

Pour simple et seul exemple, l’ami Marcel, celui dont la seule évocation du nom vous installait hier encore un véritable malaise dans une assemblée, celui qui dut se terrer si longtemps on ne savait en quel endroit, attendant que passe l’orage ; eh bien ce même Marcel pouvait à présent clamer haut et fort ses idées, afficher même de manière ostentatoire le comportement du m’as-tu vu tout à fait imbu de sa personne.

Le temps était pourtant proche où disait-on, certains commentateurs égrainaient les noms des principaux récalcitrants en privation de liberté. Le nom de l’ami Marcel sonnait alors pareille à une lâche déloyauté. Raison de plus pour lui de pouvoir s’enorgueillir à présent d’avoir été, comme il le prétendait, « Gaulliste de la première heure », autrement dit aux heures où ces mêmes déclarations vous causaient de vraies nausées chez les inconditionnels du « Pétainismes ».

Tout aussi curieux d’ailleurs était cet autre éberluant constat : ceux-là même qui auraient traîné l’ami Marcel au pilori, se précipitaient maintenant dans l’espoir de se voir accorder une poignée de main de ce même Marcel lequel tendait alors la sienne avec condescendance.

…L’histoire continue mais ce sera tout.
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Message  Admin Mar 4 Sep - 16:23

Lucien Calatayud a écrit:JIMMY
Sais-tu que Pétain était le parrain du fils de  de Gaulle. C'est peut être pour cette raison qu'il l'a gracié.
Je ne savais pas... Il ne s'en est pas vanté le grand Général, et surtout son fils... !!!

Dans ton récit ci dessus intervient vers la fin à brûle pourpoint, un certain "ami Marcel"...Est-ce un "sujet" qui représente le personnage typique de l'après guerre, sachant retourner sa veste comme un opportuniste lambda, ou bien, n'ai-je rien compris...???
Dis moi tout.


Dernière édition par Admin le Jeu 22 Aoû - 18:24, édité 1 fois

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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty Re:Les écoles du bled

Message  MOLL Serge Mar 4 Sep - 19:55

Pétain et De Gaulle


Ceux qui seraient intéressés d'en savoir plus sur le Maréchal et De Gaulle,je donne ci-après les coordonnées d'un livre où ils apprendront tous les détails.Ni l'un,ni l'autre n'était celui que l'on nous a fait croire:
"L'HOMME QUI FAISAIT SE BATTRE LES FRANCAIS ENTRE EUX" Histoire du Gaullisme , écrit par Roger Holeindre. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Non seulement Philippe Pétain était le parrain de Philippe De Gaulle(d'où même prénom) Mais il faut savoir aussi que le Maréchal était l'instructeur de De Gaulle et qu'il est intervenu personnellement pour favoriser pour l'obtention du diplôme d'officier de son élève.Puis De Gaulle a été le secrétaire particulier de Pétain qui lui a confié la rédaction de ses Mémoires et il était(Pétain) obligé de remanier très souvent ce qu'écrivait De Gaulle,au point de lui retirer l'ouvrage pour le confier à un autre officier.C'est de là, que De Gaulle en a voulu au Maréchal.
Si vous lisez ce livre,vous ne serez pas déçu de ce que vous apprendrez,tout est vrai,l'auteur s'étant référé à différentes archives officielles et défient quiconque de l'attaquer en diffamation.
Bonne lecture
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Nos écoles, nos jeux et souvenirs d'enfance 2 Empty les années noires

Message  René Hermitte Mer 5 Sep - 9:09

Bonjour à tous

Intéressant tout ce qui s'est dit plus haut sur cette période des années 40 par les uns et les autres..
Moi qui n'était pas né ( et même pas encore une lueur dans les yeux de mes parents... je suis né en 46 juste après la libération ), je serais curieux de savoir ce qui s'est passé à cette époque à Meknès même si l'ami Lucien nous a décrit à demi-mot l'ambiance dans son village.
La tension était-elle la même que sur le continent ? fallait-il faire attention à ce que l'on disait et à qui on le disait la délation battant son plein ( les murs ont des oreilles pouvions nous voir sur quelques affiches dans la France occupée).
J'ai cru comprendre que dans la cité ismaélienne le racisme anti juif était monté d'un cran et que des slogans commençaient à se voir sur des affiches.
Avons-nous quelques témoins pour nous en parler ?
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Message  Lucien Calatayud Mer 5 Sep - 11:47

Lucien Calatayud a écrit:JIMMY
Dans ton récit ci dessus intervient vers la fin à brûle pourpoint, un certain "ami Marcel"...Est-ce un "sujet" qui représente le personnage typique de l'après guerre, sachant retourner sa veste comme un opportuniste lambda, ou bien, n'ai-je rien compris...???Dis moi tout.
JIMMY

Je me dois d'apporter quelques précisions : D'une part la majeur partie des Français résidents au Maroc (je ne peux parler que de ceux-là) étaient des pétinistes convaincus et qui le demeurèrent longtemps si ce n'est toujours. Dire qu'ils se souçiaient du sort des juifs serait par ailleurs voiler la vérité. Ca ne faisait ni chaud ni froid. Notre monde ne s'enthousiasmait pas plus que ça non plus entendant de Gaulle prêcher en faveur de la résistance. Les Allemands n'en étaient pas moins haïs. Dire qu'il n'y avait pas de trafic de tous genres entre autre, pas de marcher noir, serait tout aussi faux. Dire en plus qu'il n'y a pas eu de purge dans les hautes sphères de l'administration serait de même travertir la vérité. Enfin ceux qui, de par leurs opinions pétinistes s'étaient vu offrir des postes clés ne se sont pas privés de tenir la dragée haute à ceux de bord opposé. Bien entendu, à la fin des hostilités,on ne manqua pas de réserver "un chien de sa chienne" à ceux qui avaient un tant soi peu abusé de leurs pouvoirs . Le "Marcel" en question n'est en fait qu'une image représentative de ce qui se passait à l'heure du revirement des choses.  Enfin tout le monde sait qu'il n'y a jamais eu de combattants clandestins (maquisards) sur notre sol mais qu'un sérieux affrontement  eut lieu lors du débarquement des américains sur nos côtes atlantiques. Je n'ai par contre jamais eu connaissance d'emprisonnements  sur notre territoire de l'une ou l'autre des personnalités; ni avant, ni pendant ni après les hostilités. Mais attention, j'étais très jeune et  exception faite de certains vécus, je ne prenais  connaissance que par ouï-dire de ce qui se passait ailleurs de mon bled.
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Message  Lucien Calatayud Mar 9 Oct - 18:21

Salut tout le monde



Ce petit extrait de mes mémoires, histoire de réveiller la rubrique tombée dans l’oubli.
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L’évènement annuel le plus marquant du village, celui qui, sans ne jamais faillir offrait une longue soirée de réjouissances, celui que nul au village n’aurait voulu manquer, n’était autre que la fameuse fête de fin d’année scolaire.
A l’instar de bon nombre de mes petits camarades, j’appréhendais l’approche de cette manifestation où l’on trouvait toujours un rôle à m’attribuer dans l’une ou l’autre des scènes. Mais cela sentait si bon la fin des tracas!
Peu importait les appréhensions de maman pour qui les grandes vacances étaient synonymes de permanent désordre dans la maison et de crises de nerfs. Liberté et pleins défoulements, voilà ce dont cette fête signifiait avant tout pour les moins doués, au nombre desquels je comptais sans que cela ne me cause de bien grands tourments.
A peine informées du programme, toutes les mères se rendaient dans l’une des villes. Courant les magasins, se mettant en quête du nécessaire répondant aux besoins des scènes, elles revenaient chargées de tissus ou de tous autres éléments de déguisements. Tandis que soumis à de réels efforts de mémoire, sursaturant mes méninges de tout un tas de dialogues, de poèmes, de chants, j’enviais ceux de mes camarades qui s’étaient vu dispensé d’une telle corvée.
Que de répétitions harassantes! Que de soupirs de lassitude et d’exaspération aussi, de la part du corps enseignant tous appréhendant l’arrivée du grand jour. Des heures de réels supplices pour tout le monde. Ce faisant, bien des indices confortaient chez moi cette conviction que je ne possédais nulle prédisposition dans ce genre de chose. Je n’ignorais cependant pas combien de telles aptitudes influençaient l’attribution des meilleurs prix. Parce que c’était aussi l’occasion de la distribution des récompenses, l’instant solennel qui mettait tous les parents en émoi, qui les tenait en halène tout au long de la remise.
Sur quels facteurs déterminants, sur quels critères s’était-on appuyés cette année là? Bien malin qui l'aurait su dire. Toujours est-il que contre toute attente, je m’étais vu attribuer un prix. Peut être ne devrais-je voir là que le rachat des nombreux défoulements que la maîtresse s’était autorisée sur ma frêle carcasse durant toute une année. Mes fesses, mes joues mes oreilles et ma tignasse, méritaient sans doute un petit geste de générosité, une sorte d’acte de rédemption. Toujours est-il qu’à ma grande surprise plus encore à celle de mes parents, je m’étais vu distinguer. Mais pas par l’attribution de n’importe quel prix…Non ! Rien moins que le prix « d’excellence » ! Celui qui s’annonçait avec un certain triomphe, celui qui faisait se précipiter l’élève sur le plateau pressé de découvrir le contenu de ce que le Directeur brandissait à la vue de l’assistance. Une joie bien éphémère, il me faut néanmoins confesser. Quel désappointement en effet que de ne découvrir sous les belles dorures de papier qu’un livre, cette chose que j’avais en horreur. De retour à la maison, trois ou quatre lignes de lecture de la première page m’avaient suffi à remiser l’ouvrage sous une pile de vieux draps tout au bas d’une armoire.
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Message  MOLL Serge Mar 9 Oct - 22:20

Salut Lucien
Ton récit me rappelle exactement ce que tu as ressenti pour les fêtes de fin d'année.J'avais toujours peur de me tromper et de passer aux yeux de mes camarades pour un imbécile.
Mais le pire,c'est à la distribution des prix,j'avais obtenu le prix d'excellence.Seulement voilà,c'était la fin des classes et le Directeur s'était absenté de la classe et naturellement nous avons mis la pagaille dans la classe,je ne dirai pas quoi,j'en ai encore des remords. Toujours est-il que la femme du dirlo arrive à l'improviste et qui se fait attraper? Moi bien sûr !Mon prix est passé au second de la classe et moi j'ai hérité du sien (Prix d'Honneur). la distribution des prix de toutes les écoles de Fès se déroulait au cinéma Empire.J'avais tellement honte que je me suis bien gardé d'y assister.J'ai su par la suite qu'en plus du beau livre qui m'était passé sous le nez,il y avait à la clé,un voyage à Saint Gaudens,ville natale du directeur. Cela m'a servi de leçon toute ma vie.
Serge
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Message  Admin Mar 9 Oct - 22:31

LUCIEN,
J'ai eu des récompenses à 2 reprises à l'école. La 1ère fois au CE2 et la 2ème au CM2. Eh bien moi, je les ai tous lus, monsieur... Laughing Laughing
Figure toi que je m'en souviens très bien...je ne me vante pas, c'est vrai.
Le tout 1er...: Carabi, l'histoire d'un petit cheval de bois qui se transforme en prince à la fin de l'histoire et qui emmène sa jolie maîtresse vers un monde meilleur, au delà des nuages... C'est joli...n'est-ce pas...??? Embarassed Embarassed

Puis 3 autres dans le même paquet enrubanné de rouge pour le second prix d'excellence...: Les aventures de Mr Pickwick, bounce bounce "Sans famille" ( hector Malot...???) Sad Sad qui m'a foutu une tristesse pas possible pendant plusieurs jours, quant au 3ème, un "Contes et Légendes de "....je ne sais plus quoi, qui m'a littéralement transporté. sunny sunny
Je suis allé chercher les 3 derniers au Régent... Que d'émotions...!!!
Merci pour le rappel du souvenir...

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